/news/currentevents

Un ex-collègue de «Matricule 728» suspendu

Matthieu Payen | Agence QMI

capture d'écran

Un ex-partenaire de «Matricule 728» vient d’être suspendu deux jours sans solde pour ne pas être intervenu afin d’arrêter une arrestation musclée de l’ex-agente Stéfanie Trudeau.

L’agent Constantino Samaras peut en vouloir à la tristement célèbre policière, aujourd’hui à la retraite, avec laquelle il a fait équipe en plein printemps érable.

Dans la nuit du 20 mai 2012, Julian Menezes revenait d’un mariage accompagné de deux amies. Il a alors assisté à l’arrestation sur le Plateau–Mont-Royal par les deux policiers d’un cycliste n’ayant pas de phare à l’avant de son vélo.

M. Menezes proposa au cycliste de rester sur place afin de lui servir de témoin en cas d’une contestation du constat d’infraction.

Mais les échanges se sont tendus entre le groupe d’amis et les policiers après un commentaire de Stéfanie Trudeau sur le carré rouge que portait le cycliste.

«Matricule 728» mis alors M. Menezes en arrestation, sous prétexte qu’il sentait l’alcool. L’agente l’agrippa, le plaqua au sol, le menotta et le poussa violemment dans la voiture de police. Durant le transport, Matricule 728 aurait notamment traité M. Menezes de «fucking indian».

Le jeune homme fut ensuite laissé sans argent à des kilomètres de chez lui avec un constat d’infraction, qui sera par la suite annulé.

M. Menezes porta plainte peu après les évènements au Commissaire à la déontologie policière à l’encontre des deux policiers.

L’agent Samaras vient d'être blâmé pour «omission d’intervenir pour faire cesser les manquements déontologiques de l’agente Stéfanie Trudeau».

Quant à «Matricule 728», son cas est traité séparément par la Commission à la déontologie. Elle est accusée dans cette affaire d’avoir tenu des propos injurieux fondés sur l’origine ethnique, d’avoir utilisé une force excessive et d’avoir détenu illégalement M. Menezes.

Stéfanie Trudeau est notamment connue pour avoir été filmée en train de poivrer des manifestants lors du printemps érable, puis pour ses interventions musclées contre ceux qu'elle avait notamment qualifiés de «gratteux de guitare»». La policière a d'ailleurs écopé d'une condamnation de 60 jours de travaux communautaires pour s'être livré à des voies de fait contre le musicien Serge Lavoie.

Elle a été suspendue par la police de Montréal en octobre 2012, avant d’être mise à la retraite en 2015.

Dans la même catégorie