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RONA ne disparaîtra pas

Philippe Orfali | Agence QMI

Quinze mois après l’achat du fleuron québécois RONA par l’américaine Lowe’s, le président de la filiale canadienne, Sylvain Prud’homme, affirme, en entrevue au «Journal de Montréal», que l’entreprise se porte mieux que jamais. Et que les marques RONA et Réno-Dépôt sont bel et bien ici pour rester.

RONA a traversé toute une crise lors de l’achat par Lowe’s en 2016. Plusieurs ont craint qu’un autre siège social québécois disparaisse. Qu’en est-il aujourd’hui ?

On parle beaucoup des sièges sociaux. Nous, on vient de mettre 5 millions $ pour rénover le nôtre à Boucherville. On a acheté l’édifice, on a pris de l’expansion avec un bureau à Longueuil. Le comité de direction est ici, on a déménagé les gens ici de Toronto, je demeure à Boucherville avec ma femme. Notre bureau chef est vraiment ici, à Montréal, même si bien des choses ont été écrites là-dessus.

Combien d’employés avez-vous à Boucherville, et combien à Toronto ?

À Toronto, on a consolidé les activités locales de RONA et Lowe’s. On a environ 280 employés. En comparaison, on est 1180 ici. On a aussi un bureau régional à Vancouver. [...] On fait partie de Lowe’s Amérique du Nord, mais notre approche est décentralisée et nous permet de prendre les décisions ici. On est près de notre marché.

Depuis l’acquisition, vous ne publiez plus aucune donnée sur la performance de l’entreprise. Impossible, donc, de savoir comment vous vous portez réellement.

C’est une décision d’entreprise, pour des raisons de concurrence. Mais je vous dirais qu’on a ajouté 38 magasins de plus dans la dernière année, dont 11 au Québec. Ça démontre notre croissance. Nos ventes et nos fournisseurs ont connu une croissance. Il y a plusieurs indicateurs qui démontrent la croissance.

Qu’en est-il de vos différentes enseignes ? Est-ce que RONA est appelé à disparaître au profit de Lowe’s ?

On est en train de prendre des décisions par rapport à cela. Les principales vont rester. Réno-Dépôt, RONA, ce sont des bannières hyper importantes dans notre plan de croissance. Pour l’ensemble des autres bannières, on va voir ce qu’on va faire. Quant à Lowe’s au Québec, c’est une possibilité.

Lowe’s achète plus chez des fournisseurs québécois

Malgré les sorties médiatiques remarquées d’entreprises québécoises déçues d’avoir été «abandonnées» par Lowe’s Canada, l’entreprise achète de plus en plus de marchandise au Québec.

Sylvain Prud’homme, le grand patron de Lowe’s Canada, ne cache pas son irritation au sujet des nombreux fournisseurs qui ont fait la manchette au cours des deux dernières années en affirmant que RONA avait tourné le dos aux fournisseurs du Québec à la suite de son acquisition par Lowe’s.

106 millions $ d’augmentation

«Il y avait beaucoup de peur que nos achats diminueraient au Québec avec l’achat par Lowe’s, mais je vous confirme qu’ils sont en augmentation», dit-il.

Du côté des magasins RONA situés au Québec, et ailleurs au Canada, le volume des achats auprès des fournisseurs québécois a augmenté de 95 M$, de septembre 2016 à septembre 2017, selon les données fournies par l’entreprise au «Journal».

Lowe’s, présente dans le reste du Canada, a pour sa part fait croître de 11,5 millions $ ses achats auprès de fournisseurs québécois depuis le début de l’année 2017.

Lowe’s Canada a comme politique de «favoriser les manufacturiers québécois et canadiens», quand ceux-ci répondent aux critères de sélection.

Salon d’achats national

«Au Québec, il y a beaucoup de clients qui sont sensibles à cette question-là. Ce serait complètement une erreur de ne pas fournir des articles en demande. On reçoit le signal que les produits [québécois] sont appréciés.»

Cet appétit explique en partie pourquoi Lowe’s organisait il y a deux semaines un premier salon d’achats national destiné à ses affiliés, qui a rassemblé quelque 330 fournisseurs et 300 marchands, permettant aux premiers de présenter leurs produits et services aux seconds.

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