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Il maintient que sa victime allait le tuer

Michael Nguyen | Agence QMI 

Le jeune homme qui plaide les troubles mentaux pour avoir tué une employée d’un Maxi s’est dit conscient que les parents de la victime seraient tristes d’apprendre que leur fille soit une potentielle meurtrière selon lui.

«Ils seront tristes quand ils seront mis au courant que leur fille allait tirer sur des clients du Maxi», a affirmé Randy Tshilumba à une experte psychiatre, selon ce que celle-ci a expliqué au tribunal mercredi.

Tshilumba, 21 ans, est accusé d’avoir tué Clémence Beaulieu-Patry de 14 coups de couteau en avril 2012, quelques jours après lui avoir demandé sans succès de sortir ensemble. Pour la Couronne, il s’agit là d’un meurtre au premier degré.

Mais depuis deux semaines, la défense tente de convaincre le jury que Tshilumba souffrait d’une maladie mentale. L’accusé a lui-même témoigné, affirmant qu’il était convaincu que la victime et ses amies voulaient le tuer.

Selon sa version, il voulait convaincre Mme Beaulieu-Patry de le laisser tranquille lorsqu’il est allé au Maxi de la rue Papineau à Montréal, mais elle l’aurait pointé du doigt en le voyant.

Dans son délire de persécution allégué, il aurait interprété ce geste comme une indication claire que la victime allait commettre une tuerie. Il croyait donc, à tort, d’avoir agi en «bon Samaritain» en tuant la jeune femme.

Conviction

Selon l’experte en psychiatrie légale France Proulx qui conclut à la non-responsabilité criminelle de l’accusé, ce dernier est à l’aise avec l’idée de subir un procès.

«Il dit ne pas être nerveux [...] convaincu que le système de justice arrivera à prouver qu’il a agi afin de se défendre d’un immense complot orchestré contre lui», a-t-elle expliqué au jury.

Mais s’il n’a pas peur de la justice, il continuerait d’avoir peur des amies de Clémence Beaulieu-Patry qui, selon lui, veulent le tuer. Et ce, même en plein tribunal.

«Il craint qu’une des filles sorte un fusil à la cour, et il n’est pas rassuré par la présence des [constables spéciaux]», a expliqué la Dre Proulx.

Schizophrénie

Contre-interrogée par la procureure Catherine Perreault, l’experte a maintenu que Tshilumba souffrait de schizophrénie. Mais elle a concédé que contrairement à d’autres champs de la médecine, il n’existe pas de «test absolu» qui permet de détecter une maladie psychiatrique.

Confrontée au fait que son diagnostic provient de la version de Tshilumba, l’experte a rappelé qu’elle avait aussi rencontré des proches de l’accusé.

«Tout est possible, je vous donne ce qui est le plus vraisemblable», a-t-elle conclu lorsque la Couronne a tenté de semer le doute sur les conclusions de son rapport, tout en ajoutant qu’elle gardait toujours en tête la possibilité qu’un accusé puisse lui mentir lors des rencontres.

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