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«Moins pénible de recevoir des coups que de voir sa mère en prendre»

L’appel au 911 au cours duquel une adolescente en crise, Dania Nehme, demande de l’aide après avoir assisté au meurtre de sa mère Catherine de Boucherville par son père, Ahmad Nehme, en a bouleversé plus d’un, mais plus particulièrement Sylvia Ribeyro.

La dame, victime de violence pendant son enfance, admet avoir écouté l’appel au 911 à plusieurs reprises.

«Pas parce que je suis masochiste, mais parce que j’aurais tellement aimé être là pour la protéger parce que je sais exactement ce qu’elle a vécu», dit-elle d’emblée à l’émission le 9 Heures avec Jean-François Guérin sur les ondes de LCN.

Elle souligne le travail exceptionnel de la répartitrice du 911, qui selon elle, lui a certainement sauvé la vie à la jeune Dania, qui avait à peine 16 ans au moment des faits.   

«Elle la situait toujours dans la maison, puis elle lui demandait ''il est où ton père?'' Elle l’a guidé, et les cris de la jeune fille, j’ai vécu ça. La façon qu’elle décrit le criminel, ''il a viré fou'', c’était ça que je vivais. Moi ma mère, quand mon bourreau m’attaquait, elle criait aussi ''maudit fou'', c’était hystérique, c’était des cris suraigus.»

Sylvia Ribeyro croit qu’il est important de parler des victimes «indirectes» d’actes criminels, celles qui assistent à des crimes impuissantes, parce qu’elles n’ont pas de voix et ne sont pas entendues dans la société.

Elle raconte une scène sordide à laquelle elle a assisté à l’âge de 9 ans seulement, et où elle se sentait impuissante.

«Je ne pouvais pas protéger ma mère, je l’ai vue en sang. Elle s’est mise de dos à lui après une petite altercation. Il avait des bottes avec des caps d’acier, et lui a donné un coup de pied au derrière. Ma mère mesure 5’ 1’’, pèse 100 livres. Elle était pliée en deux avec ses culottes pleines de sang», raconte-t-elle avec des sanglots dans la voix.

Pendant tout ce temps, le bourreau ne cessait de répéter «tu le mérites».

Également victime de coups, elle assure qu’il était moins pénible pour elle de recevoir des coups que de voir sa mère en prendre. Le fait de ne pas être spectatrice atténue la douleur mentale associée à la violence, selon elle.

«Les gars et les filles de l’armée, nos combattants, vont comprendre ce que je dis. On le vit, mais c’est intérieur, on se ferme les yeux, on se protège avec nos mains, et j’essayais de me sauver. Vers l’âge de 12 ans, je recevais moins de coups parce que j’étais rendue bonne pour me défendre», raconte Mme Ribeyro.

Secouée à 1 mois

Sylvia Ribeyro a été secouée par son père alors qu’elle n’avait qu’un mois de vie. Celui-ci lui aurait raconté en détail la violence qu’il lui a fait subir pendant toute son enfance.

«Il m’a tellement fait penser à Guy Turcotte, parce qu’il jouait à la victime. Il m’a tout raconté cela en pleurant, mais il pleurait sur lui-même. J’étais bouche bée. Je l’écoutais et je me souvenais de tout ce qu’il m’avait fait subir dès l’âge de 4 ans.»

Selon elle, le dénominateur commun des victimes de violence, c’est que le bourreau isole ses victimes, dans plusieurs cas.

La violence est restée bien cachée dans le domicile familial dans son cas, comme dans plusieurs autres.

Dans le cas du meurtre de Catherine de Boucherville, il a été révélé par Dania que son père aurait tué sa femme par jalousie. Il était si possessif et contrôlant qu’il avait déjà coupé sa famille du monde extérieur, uniquement parce que sa fille avait parlé à un garçon.

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