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Nehme mise sur la non-responsabilité criminelle

Le Montréalais jaloux qui a tué sa femme, car il se croyait trompé, plaidera la non-responsabilité criminelle, a-t-il annoncé tout en se disant convaincu que sa victime voulait le «liquider».

«Je crois fort qu’elle voulait me liquider et se débarrasser de moi pour toujours, j’étais un obstacle à sa liberté», a témoigné Ahmad Nehme à son procès, mardi au palais de justice de Montréal.

Nehme, 53 ans, a ainsi reconnu avoir tué sa femme Catherine de Boucherville, le 5 juillet 2012 dans le logement familial de l’arrondissement de LaSalle alors que leurs enfants étaient là. Malgré tout, il a plaidé non coupable à l’accusation de meurtre au premier degré, car il espère maintenant être déclaré non criminellement responsable de son geste.

«Son état d’esprit est déterminant, pour nous l’enjeu est là; au moment du drame, M. Nehme ne distinguait pas le bien du mal», a déclaré son avocat Giuseppe Battista au jury.

«Mari aimant»

Le jour du drame, Nehme a dit croire que sa femme et un certain James allaient le tuer et prendre ses biens, même s’il croulait sous les dettes. Quand il a poignardé Mme De Boucherville, il se souvient de l’avoir vu saigner et de l’avoir prise dans ses bras.

«C’est pas facile pour moi ce qu’il s’est passé», a-t-il dit par la suite, au début de son contre-interrogatoire par Me Éric Côté, de la Couronne.

Dès le début de son témoignage, Nehme s’est présenté comme un mari aimant et pacifiste qui subissait les prétendues infidélités de sa femme. En 2001, il jure que sa femme l’avait trompé avec un inconnu américain rencontré sur internet.

«Elle était tellement séduite qu’elle n’a pas pensé à ses enfants», a expliqué Nehme qui a longuement étalé la peine qu’il dit avoir ressentie.

Contradiction

Nehme avait réagi en giflant sa femme lorsqu’ils se sont retrouvés dans un parc.

«Je lui ai dit "j’espère que tu as compris que je ne voulais pas te faire mal, c’était une réaction pour le mal que tu m’as fait"», a témoigné l’accusé tout en jurant que c’était la seule fois qu’il l’avait frappée, à l’exception des 18 coups de couteau de chasse donnés, le jour du drame.

En 2006, il aurait aussi été trompé, a témoigné Ahmed Nehme, dont la version est tout le contraire de ce que sa fille Dania avait dit à la cour. Celle-ci avait décrit sa mère comme une femme aimante, qui subissait les menaces de son époux contrôlant et qui n’avait pas le droit d’avoir d’amis.

«Dania est une menteuse, la vérité c’est pas ça, elle a exagéré trop de choses, elle a été manipulée», a affirmé Nehme tout en disant douter qu’elle était réellement sa fille biologique.

La semaine passée, Dania Nehme avait expliqué à la cour que son père était un homme contrôlant et que sa mère aimait ses enfants plus que tout.

Le contre-interrogatoire de l’accusé se poursuivra mercredi.

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