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Les chauffeurs Uber doutent du départ

Élisa Cloutier | Agence QMI

Daniel Mallard | Agence QMI

Même s’il ne reste que quelques jours à l’ultimatum lancé par Uber qui mettrait fin à ses activités dans la province, les chauffeurs de Québec ne croient pas au retrait de l’entreprise.

Rencontrés par «Le Journal de Québec» lundi, plusieurs chauffeurs de Québec admettent être inquiets de l’avenir d’Uber, mais croient encore en un règlement avec le gouvernement. «Pas de nouvelles, bonnes nouvelles, c’est ce qu’on se dit, mais on n’en entend pas parler. J’espère qu’Uber va pouvoir rester», mentionne Maxime Gagnon, chauffeur à temps plein depuis l’arrivée du service, en 2014.

Ces derniers ont reçu une note il y a deux semaines les informant de la nouvelle réglementation qui inclut notamment l’imposition d’une formation de 35 heures, plutôt que les 20 heures actuellement requises, pour permettre de prolonger le projet-pilote de la multinationale au Québec.

Rappelons qu’Uber a promis de quitter le Québec dès le 14 octobre si le gouvernement Couillard ne recule pas sur sa décision qui inclut également une vérification des antécédents judiciaires des chauffeurs par un corps policier, en plus de l’obligation d’effectuer une inspection mécanique tous les 12 mois.

La formation jugée inutile

Parmi les nouvelles exigences, c’est sans contredit la nouvelle formation, qualifiée de «perte de temps», qui importune le plus les chauffeurs.

«Nous avons déjà fait des efforts, notamment en passant d’un permis de conduire régulier à supérieur, mais qu’est-ce qu’on doit apprendre de plus ? Les routes, on les connaît déjà. Ce n’est pas nous qui devons améliorer notre attitude et notre service, au contraire, ce sont les taxis qui doivent changer leur service», mentionne Ashraful Hacque, faisant référence au fait que les utilisateurs d’Uber et les chauffeurs peuvent tous deux se «noter», permettant ainsi l’amélioration du service.

«Il y a un coût derrière cette formation, je pense que plusieurs vont hésiter à devenir chauffeurs Uber si ça devient la norme», ajoute celui qui œuvre auprès d’Uber depuis près de deux ans et qui, comme les autres, admet qu’il serait prêt à la suivre si elle devenait obligatoire.

«Il n’y a aucun emploi qui va pouvoir m’offrir cette flexibilité», précise M. Hacque qui travaille comme traducteur à temps partiel et qui touche près de 300 $ supplémentaires par mois avec Uber.

«À quoi bon ajouter de la formation ?»

Le son de cloche est le même chez d’autres chauffeurs rencontrés, qui ont toutefois préféré rester anonymes. «On ne sait pas ça sort d’où [les 35 heures de formation]. Je pense qu’il faudrait trouver un terrain d’entente entre les deux [les 20 heures requises et la nouvelle exigence]», mentionne un chauffeur qui offre ses services les soirs et fins de semaine à Québec depuis maintenant deux ans.

«Le gouvernement normalement doit s’intéresser à la protection du public avec la vérification des antécédents criminels, la vérification mécanique de l’auto, ça, c’est parfait. Mais, le reste, c’est une question de service à la clientèle. Si une compagnie veut offrir une formation à ses chauffeurs, c’est à elle de décider et non le gouvernement», estime un autre.

Selon les plus récentes données d’Uber, près de 500 chauffeurs sont actifs dans la région de Québec. Plus de la moitié d’entre eux travaillent à temps partiel.

Le directeur général d’Uber Québec n’a pas rappelé «Le Journal», lundi.

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