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Nehme avait déjà frappé sa femme en guise de «petite punition»

Michaël Nguyen | Agence QMI

Le Montréalais jaloux qui plaidera la non-responsabilité criminelle pour avoir tué sa femme avoue l’avoir déjà frappée dans le passé, en guise de «petite punition».

«C’était pour le mal qu’elle m’a fait», a déclaré Ahmad Nehme au jury, alors qu’il témoignait pour sa défense à son procès pour meurtre.

Nehme, 53 ans, a ainsi raconté en long et en large les soupçons d’infidélités qu’il avait envers sa femme, qu’il a finalement tuée de 18 coups de couteau le 5 juillet 2012, dans la résidence familiale de LaSalle et en présence de leurs enfants.

Selon la théorie de la Couronne, Nehme était convaincu à tort que Catherine De Boucherville le trompait. Plutôt que de se séparer, il l’a sauvagement tuée pendant qu’elle se préparait à conduire leur fille chez une tante. La victime a d’ailleurs été décrite comme une femme aimante, prête à tout pour ses enfants et son mari pourtant hyper contrôlant.

Mais Nehme a livré une tout autre version. Selon lui, Mme De Boucherville voulait le «liquider» pour partir avec un prétendu amant. Car pendant des années, il soupçonnait que sa femme soit infidèle, a-t-il dit au jury.

Enregistrements

Durant son contre-interrogatoire, Nehme a ainsi expliqué qu’en 2006, il s’était convaincu que sa femme le trompait. Les signes étaient évidents, selon lui.

«Elle a commencé à fumer, elle maigrissait et elle évitait mon regard, a-t-il dit. Je ne suis pas jaloux, j’avais des doutes qu’il se passait quelque chose de pas normal.»

Mais comme il n’avait aucune preuve, il a donc décidé d’enregistrer à l’insu de toutes les conversations téléphoniques au domicile familial, même s’il s’agit d’un acte illégal. S’il n’a pas fait de même à son commerce où Mme De Boucherville travaillait bénévolement, c’est parce qu’il était au travail pour la surveiller.

Contrôle financier

Il n’a jamais été question d’enregistrer des conversations sur téléphone cellulaire, puisque Mme De Boucherville n’en avait pas, a ensuite expliqué l’accusé.

«Elle ne m’a jamais demandé d’avoir un cellulaire», a dit Nehme.

Visiblement surpris par cette phrase, Me Éric Côté de la Couronne a alors demandé à l’accusé si Mme De Boucherville avait besoin d’une autorisation pour s’acheter un cellulaire.

«C’est moi qui le paye, donc si elle en veut un, il faut qu’elle me le demande», a dit Nehme le plus naturellement du monde.

Il en a profité pour expliquer que sa femme avait accès à sa carte de guichet, et qu’elle pouvait imiter sa signature quand elle devait acheter des choses pour elle ou leurs enfants, laissant ainsi entendre que les comptes bancaires étaient à son nom à lui.

«Elle pouvait prendre de l’argent sans ma permission», a ajouté Nehme, qui s’est toutefois défendu d’infantiliser sa femme, tel que la Couronne l’a suggéré.

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