/news/culture

«La grande réunion autour du feu»

Octobre renaît de ses cendres pour Petite-Vallée

Jean-François Brassard | Agence QMI

 - Agence QMI

Un événement exceptionnel peut en favoriser un autre. Il a fallu que le feu ravage le Théâtre de la Vieille Forge de Petite-Vallée pour que la mythique formation jazz-rock Octobre renaisse de ses cendres. Un spectacle inespéré dans le cadre de «La grande réunion autour du feu». Rencontre avec les gars.

Les gars, c’est le ténébreux auteur-compositeur-interprète Pierre Flynn, son cousin, le guitariste Jean Dorais, le convivial bassiste Mario Légaré et le batteur Pierre Hébert, absent le matin de notre entretien. Quatre bonshommes qui ont fait leurs débuts professionnels au sein d’Octobre en 1971, avant de tirer leur révérence en 1982.

Durant une bonne grosse décennie, le groupe a ébranlé les fondations de la chanson traditionnelle en y incorporant une savoureuse mixture de jazz et de progressif. En plus de réaliser quelques albums devenus classiques, il donnait des spectacles parfois exceptionnels. Depuis ce temps, le groupe ne s’est reformé que très exceptionnellement.

Il y a eu ce concert aux FrancoFolies en 1996. Puis, l’espace de deux ou trois chansons, Octobre a fait des heureux au Festival en chanson de Petite-Vallée en 2006. Et c’est encore Petite-Vallée qui est à la source de leur retour.

La famille se mobilise

Oui, retour il y aura le 23 octobre dans le cadre de «La grande réunion autour du feu», un spectacle-bénéfice en soutien à la reconstruction du Théâtre de la Vieille Forge. Lors de l’événement, qui se déroulera au MTELUS, Karkwa, Michel Rivard et Marie-Pierre Arthur seront aussi présents. C’est Pierre Hébert qui a eu l’idée de réunir le «band». Ses trois potes s’entendent pour dire que: «Pierre est un grand émotif. Devant ce qu’il a ressenti à la suite de l’incendie, il a souhaité qu’on fasse quelque chose en offrant nos services à Alan (Côté, directeur du Festival).»

Tous ont leur grande histoire d’amour avec le petit village. Mario Légaré y a joué 100 fois. Pierre Flynn y est formateur depuis de nombreuses années: «C’est une tragédie, mais l’esprit de Petite-Vallée est intact. Le fait d’avoir un havre pour la chanson dans une région éloignée, c’est très spécial. La mobilisation se fait autour d’un esprit, d’une famille et de l’amour de la chanson.»

Un char sport

Lorsque Pierre Hébert a proposé à ses compères de se réunir autour du feu, la question n’était pas de savoir s’ils le feraient, mais ce qu’ils feraient!

«Il va falloir retourner à la table de travail et remettre nos doigts et notre tête dans les chansons», explique Mario.

Et les gars vont le faire avec bonheur. Parce que, pour chacun d’entre eux, Octobre a été le début d’une fabuleuse aventure. Légaré reprend: «Je peux dire que je viens d’Octobre. Pierre (Flynn) et moi, on s’est rencontrés au tout début et, déjà, j’aimais tellement la façon dont il composait! Ç’a grandi en moi. C’est la raison pour laquelle je fais encore de la musique.»

Flynn se souvient: «Mario a été un des premiers à m’encourager à écrire des chansons. Je me rends compte aujourd’hui du privilège que j’ai eu d’avoir autour de moi ces trois gars-là qui m’ont permis de réaliser mes fantasmes de compositeur, et qui sont arrivés avec leurs idées. On était vraiment un ¨band¨. Hier, j’écoutais l’enregistrement du concert-réunion qu’on avait fait en 1996; Octobre, c’était un char sport! Il y a un son! Je dois une fière chandelle aux gars.»

Humblement, Mario ajoute: «Quand la source de la chanson est bonne, les musiciens sont toujours bien présentés.»

Oui, Octobre était un vrai «band». «C’était un beau laboratoire. On avait le canevas de Pierre, qui arrivait avec des musiques sans paroles. Alors, on explorait. Puis s’ajoutait le texte à la musique qu’on avait créée en groupe», raconte Jean.

Depuis la fin du groupe, Flynn a fait cavalier seul, alors que tous s’arrachent le bassiste Légaré. Hébert, de son côté, enseigne la batterie à l’UQAM. Quant à Dorais: «Ça fait longtemps que j’ai laissé la profession musicale, mais ma passion pour la musique est toujours là. Présentement, je travaille avec deux formations d’auteurs-compositeurs. Je suis très actif, bien que j’aie un job à temps plein. On a chacun des occupations, mais Octobre, c’est notre affaire à nous. Quand on s’appelle et qu’on discute, il y a beaucoup d’affection entre nous.»

Et Mario d’enchaîner: «On se fait de beaux partys!»

Dans la même catégorie