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Le ton monte entre les deux candidats à la mairie

Le ton a monté jeudi soir entre les deux candidats à la mairie de Montréal Denis Coderre et Valérie Plante, lors du débat organisé par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Si Denis Coderre a tenté de défendre son bilan et les pouvoirs qu’il a obtenus grâce au statut de métropole, Valérie Plante a plutôt fait valoir le manque de cohérence et de vision de l'administration du maire sortant.

Vivre à Montréal

Les deux candidats se sont opposés au nouveau projet de loi 62 du gouvernement québécois qui interdit le visage couvert lorsqu’on reçoit des services municipaux, comme lorsqu'on prend l’autobus.

«Même le ministre Barrette dit qu’il ne sait pas comment il va s’appliquer cette loi», a mentionné M. Coderre. «Cette loi ne s’applique pas à Montréal, elle est déconnectée de la réalité», a dit Mme Plante. «Ah oui?, a renchéri M. Coderre. Il y a cinq heures vous disiez vouloir en parler avec Québec et maintenant vous êtes contre», faisant place à la première confrontation de la soirée.

Valérie Plante, gardant le sourire, a expliqué s’être mal exprimée dans une entrevue en anglais et être heureuse de pouvoir apporter des précisions en français. «Contrairement à mon adversaire, la transparence fait partie de mes qualités alors je n’ai pas de problème à clarifier ma pensée», a-t-elle lancé.

Inquiète face au départ des familles de l’île de Montréal, Valérie Plante s’engage à ce que dans tous les grands projets immobiliers, 20 % des logements comptent trois chambres et plus. Denis Coderre dit plutôt que la population a augmenté dans les dernières années. Il s’engage à construire du logement abordable, social et étudiant, rappelant que le statut de métropole donne maintenant le pouvoir à Montréal de contrôler les budgets en matière d’habitation.

Gouverner

L’animateur François Cardinal a demandé aux candidats s’ils étaient personnellement en faveur d’un investissement public dans la construction d’un stade de baseball. Valérie Plante a dit qu’elle voyait d’autres moyens d’utiliser l’argent des Montréalais. «Il y a des besoins plus importants», a-t-elle dit, rappelant qu’elle sonderait les Montréalais sur la question.

Denis Coderre ne s’est quant à lui pas avancé, disant qu’il y avait beaucoup de choses à régler avant d’en parler. «On ne peut pas dire: "ça va coûter tant". Je ne ferai pas de stratégie ouverte», a dit M. Coderre.

«Vous ne répondez pas à la question, a aussitôt lancé Mme Plante, l’accusant d’avoir déjà un dessin du stade qu’il souhaiterait construire. «C’est sûr que si on est pour avoir une équipe de baseball, la Ville va être présente», a-t-il précisé.

M. Coderre a vanté les mérites de la centralisation des services vers la ville centre qu’il a opérée, ciblant à plusieurs moments l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal et son maire Luc Ferrandez. «On déneigeait chaque année bissextile», a lancé M. Coderre, en citant l’animateur Guy A. Lepage. Mme Plante estime que cette réforme a éloigné les services des citoyens.

Réussir à Montréal

Les deux aspirants à la mairie ne s’entendent pas sur les moyens d’accommoder les commerçants qui vivent avec de longs chantiers devant leurs locaux. Denis Coderre compte maintenant offrir des «compensations financières». «C’est comme donner du Tylenol à quelqu’un qui a la grippe espagnole», a réagi Mme Plante, qui promet plutôt un allègement du compte de taxes municipales pour ces commerçants.

Pour se défendre, Denis Coderre a aussitôt énuméré les nouveaux pouvoirs que le statut de métropole donne à la Ville de Montréal.

Les deux opposants se disent en faveur de la venue du géant Amazon. Mais Mme Plante ne veut pas que la planification urbaine soit faite en fonction de ce géant américain. Denis Coderre a admis qu’il y a un «cadre» urbain à respecter, lançant au passage quelques-unes de ses réalisations en matière économique comme les vols directs vers la Chine. Mme Plante l’a accusé de ne pas avoir de stratégie de développement économique. Alors que l’animateur tentait de mettre fin à l’échange, M. Coderre a lancé: «M. Cardinal, ce n’est pas le temps», avant que son microphone ne soit coupé.

Se déplacer

Denis Coderre a dit «comprendre l’exaspération des automobilistes» confrontés aux cônes orange dans les rues de Montréal. «Pour mettre nos rues à niveau, il faut investir 2 milliards $ par année, on est rendu à 600 millions $», a-t-il précisé, disant qu’il pouvait aussi parler de transport en commun. Il a réitéré son intention de réglementer les heures de livraison pour les camions qui se déplacent sur l’île.

«L’exaspération vient de tous les chantiers qui ne finissent plus, c’est quand on ouvre une rue à nouveau, après avoir fini des travaux», a répondu Mme Plante, qui propose une brigade des travaux pour mieux les coordonner.

Valérie Plante a également vanté sa nouvelle ligne rose de métro qu’elle souhaite créer. Le maire sortant a réitéré que ce projet coûterait plus cher que les 6 milliards $ estimés par son adversaire, préférant se concentrer sur les projets actuels. «Qui va payer?», a-t-il lancé, au sujet de la ligne rose? «Il existe de l’argent dans des fonds gouvernementaux», a fait valoir Mme Plante, qui accuse le maire actuel d’un «manque de vision».

Citations tirées du débat des chefs

«C’est l’équivalent de donner du Tylenol à quelqu’un qui a la grippe espagnol», Valérie Plante parlant des mesures de Coderre pour aider les commerçants

«Vous avez le choix d'être dogmatique ou de vous arranger pour que ça fonctionne», Denis Coderre, vantant sa réforme de centralisation des services

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