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15 solutions pour améliorer le réseau de la santé

Des médecins, des patients et des syndiqués du réseau de la santé font front commun pour proposer 15 solutions afin d’améliorer son fonctionnement.

Le groupe promet d'en faire un enjeu de la prochaine campagne électorale, en 2018.

Il est rare de voir, à une même table, médecins, cadres supérieurs de la santé, patients et syndiqués qui tiennent le même discours et exigent des changements dans le système de la santé.

«Liste d'attente, délais d'attente... et un problème carrément au niveau de la première ligne», relate le deuxième vice-président de la CSN, Jean Lacharité.

Pour améliorer cette première ligne, il faut impliquer davantage les infirmières en augmentant le nombre d'ordonnances collectives délivrées par les médecins.

«Un patient doit souvent avoir l'obtention de l'avis d'un médecin avant de réussir à entreprendre des traitements qui pourraient, eux, très bien être donnés par l'infirmière», explique le Dr Hugo Viens, président de l’Association médicale du Québec.

Les CLSC doivent aussi jouer un rôle plus important pour la réadaptation, la santé mentale et les soins à domicile.

«Il y a actuellement 17 000 personnes en attente de soins à domicile au Québec. C'est inacceptable! Le ministre Barrette est allé tout à fait à l'encontre du renforcement des CLSC. Il est en train de vider les CLSC des professionnels qui étaient là pour les envoyer dans les GMF», déplore Jean Lacharité.

Incitatifs à la rémunération à revoir

Il faut aussi revoir le mode de financement des établissements de santé et la rémunération des médecins. Au Québec, les médecins de famille viennent de recevoir une augmentation de 10% sur 3 ans en plus d'un montant forfaitaire de 40 000 dollars. Les médecins spécialistes ont quant à eux touché près de 5 milliards de dollars l'an passé, une hausse de 46% depuis 2012.

«Les incitatifs à la rémunération ne doivent plus être utilisés comme seul et unique moyen de changer les processus et changer la façon dont on donne les soins», plaide Hugo Viens.

Le ministre Barrette en mène large, selon eux. Il faut dépolitiser le processus de nomination des membres des conseils d'administration des établissements et maintenir le poste de Commissaire à la santé. Finalement, il faut assurer la relève dans le réseau.

Le tiers des médecins et le quart des infirmières ont 55 ans et plus. Quelque 5000 infirmières supplémentaires sont nécessaires et entre 1500 et 2000 travailleurs sociaux et psychologues, sans compter les préposés aux bénéficiaires et les auxiliaires. Ceux qui sont en poste sont à bout de souffle.

«En ce qui concerne les cadres, selon les régions, il peut y avoir entre 100% et 250% d'absences pour cause psychologique», mentionne Carole Trempe, de l’Association des cadres supérieurs de la santé et des services sociaux.

-D’après un reportage d’Harold Gagné