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Mort du petit Josh aux urgences

Le triage de l'hôpital Charles-Le Moyne à revoir

TVA Nouvelles

Le triage aux urgences de l’hôpital Charles-Le Moyne de Longueuil devra être amélioré selon un rapport, dont TVA Nouvelles a obtenu copie.

Ce document a été rédigé par la commissaire adjointe aux plaintes de l’hôpital réalisé après le décès d’un petit garçon de deux ans admis à l’urgence en février dernier.

Le petit Josh est décédé à l'Hôpital Sainte-Justine après avoir d'abord été conduit aux urgences de l'Hôpital Charles-Le Moyne de Longueuil. Il avait eu des vomissements et de la fièvre à 38,5 degrés. Josh avait été vu par une infirmière du triage 10 minutes après son arrivée et avait reçu un niveau de priorité 3.

Il devait donc être réévalué toutes les 30 minutes. Le petit s’était toutefois endormi et n’avait été revu que trois heures plus tard par une infirmière. Lorsqu'il avait été pris en charge par les médecins, sa situation s'était détériorée.

En soirée, il avait été transféré au CHU Sainte-Justine où il est décédé après avoir reçu le diagnostic de streptocoque du groupe A trop tard.

En juillet dernier, le Bureau du coroner avait soulevé des défaillances au triage des urgences de Charles-Le Moyne.

«Si elle avait peut-être fait sa job, bien, il serait peut-être encore avec nous», déplore la mère du petit Josh.

La commissaire adjointe aux plaintes s’est interrogée à son tour parce que l'infirmière du triage n'a pas noté les fréquences artérielles et respiratoires de Josh à son arrivée.

Dans son rapport, elle écrit qu'étant donné que l’enfant a fait plus de 38 degrés de température et qu'il avait moins de trois ans, son code de priorité au triage aurait dû être P2, avec la nécessité de le réévaluer aux 15 minutes.

La commissaire recommande ainsi que la Direction des soins infirmiers s’assure du respect de l’Échelle canadienne de triage par le personnel infirmier et qu’une analyse de la situation survenue soit faite pour améliorer la qualité des soins et la sécurité des patients. Elle soulève également que le PDG du CISSS devrait être informé du dossier et que celui-ci soit transmis pour analyse à l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec.

L'Ordre n’a pas voulu commenter. L’hôpital a répondu dans un courriel à TVA Nouvelles que tout a été mis en place pour améliorer les pratiques infirmières aux urgences.

De son côté, le Conseil pour la protection des malades a mis en cause le système.

«On devrait avoir à traiter à peine un million de personnes dans les urgences québécoises alors qu'on en reçoit trois millions et plus. Alors, c'est sûr que vous créez une atmosphère de crise, vous poussez sur le système puis vous poussez sur les gens qui sont là», assure Paul Brunet du Conseil de la protection des malades.

«C'est sûr que ça nous soulage au point qu'au moins, ça prouvera au ministre que tout n'a pas été bien fait ce jour-là aux urgences», conclut le père de l’enfant.

De retour en France, les parents de Josh envisagent une poursuite judiciaire et ont déposé une plainte au Collège des médecins.

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