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Loi 62: importante vague de mauvaise presse pour le Québec à l'étranger

Dominique Scali

 - Agence QMI

Avec plus de 200 reportages diffusés sur le sujet à l’étranger en une semaine, la loi sur la neutralité religieuse génère la plus importante vague de mauvaise presse que connaît le Québec depuis l’épisode de la charte des valeurs.

Quelque 125 reportages télé ou radio ont été diffusés aux États-Unis et plus d’une centaine au Royaume-Uni depuis le 18 octobre dernier, selon la recension d’Influence Communication.

Et cela n’inclut même pas les articles de journaux, a précisé le président Jean-François Dumas. «C’est une couverture très abondante», estime-t-il.

Il observe que ces reportages donnent en général la parole aux détracteurs de la loi 62. «M. Couillard risque d’alimenter les tensions entre communautés et de créer un émoi chez ceux qui auront la responsabilité de l’appliquer», peut-on lire dans un texte de «The Economist» paru vendredi.

Dans leurs articles, le «New York Times» et le «Guardian» ne manquent pas de rappeler la tuerie de la mosquée de Québec de janvier dernier.

Image ternie ?

Le Québec avait aussi attiré l’attention en 2013 avec le projet hautement controversé de charte des valeurs du Parti québécois.

Le Parti libéral est actuellement tellement embourbé dans la confusion avec sa loi que «cela commence à s’apparenter [à la charte des valeurs]», a avoué Victor Henriquez, de la firme Flanagan relations publiques.

«Est-ce que cela peut ternir l’image du Québec à l’étranger? Oui, c’est une possibilité qu’on ne peut pas nier», a admis Sébastien Dallaire, vice-président de la firme Ipsos. «Mais aux États-Unis, cela risque d’être rapidement noyé dans la prochaine controverse [liée à l’immigration] de Donald Trump».

Cette vague de mauvaise presse ne devrait pas avoir de réel impact sur le tourisme ou les partenariats commerciaux, croit Victor Henriquez.

«Ce n’est pas comme si le niqab était porté de façon généralisée aux États-Unis et qu’une interdiction au Québec venait dissuader des touristes d’y venir», a-t-il illusté.

Pas de «Québec bashing»

D’autant plus que la couverture médiatique étrangère est essentiellement constituée de reportages, et non de texte d’opinion.

Même au Canada anglais, où plus de 1000 reportages et plus de 280 articles ont été diffusés en une semaine, le ton est resté plutôt posé, observe Sébastien Dallaire.

«À première vue, on n’est pas entré dans quelque chose d’extrêmement négatif [qui s’apparente] à du "Québec bashing"».

D’ailleurs, le débat est loin d’être unique au Québec, rappelle M. Henriquez. En France et en Belgique, le voile intégral est interdit dans les lieux publics depuis 2010.

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