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L’avocat de Normandeau veut utiliser les fuites dans les médias pour faire avorter le procès

Jean-Luc Lavallée | Agence QMI

DIDIER DEBUSSCHERE/JOURNAL DE QU

Le procès de Nathalie Normandeau et de ses cinq coaccusés, qui vient d’être fixé au 9 avril 2018, aura-t-il lieu? La défense a annoncé son intention, lundi, d’utiliser les fuites dans les médias à son avantage pour tenter de faire avorter le procès.

Me Maxime Roy, qui représente l’ancienne vice-première ministre libérale, a annoncé ses couleurs au tribunal. Une «requête en arrêt de procédures est sur la planche en lien avec ce qui a été révélé ce matin dans les médias», a-t-il indiqué au juge coordonnateur Jean-Louis Lemay lors d’une conférence de gestion au palais de justice de Québec.

Le Journal révélait ce matin que l’UPAC utilisait aussi à son avantage les fuites à des journalistes, notamment ceux de l’émission Enquête à Radio-Canada.

Me Olivier Desjardins, qui représente l’ex-ministre libéral Marc-Yvan Côté, a également montré des signes d’impatience à l’égard du ministère public et de l’UPAC à qui la défense a commandé un rapport sur l’origine de plusieurs fuites depuis un an et demi.

«Quand allons-nous recevoir le dossier sur les fuites ? Ça fait 18 mois qu’on le demande. Ce que je sais, c’est que depuis une semaine, ils les trouvent les faits. Ce qu’ils ont trouvé, qu’ils nous le donnent rapidement parce que toute notre requête est basée là-dessus», a enchaîné l’avocat de défense en cour, qui n'a pas précisé à quelles fuites il faisait référence.

La date de procès imposée aux avocats

Au début de l’audience, le magistrat a rappelé la disponibilité de la cour et de la Couronne dès le 4 décembre pour le début du procès mais les procureurs des accusés ont protesté, rappelant qu’ils n’avaient pas encore obtenu tous les documents nécessaires afin de préparer une défense adéquate pour leurs clients.

Incapable de concilier les agendas de tous les avocats de défense pour la suite des procédures, le juge coordonnateur Jean-Louis Lemay a notamment invoqué l'arrêt Jordan et leur a imposé une date, celle du 9 avril 2018. La Couronne évalue la présentation de sa preuve à environ 11 semaines.

Le dossier confié au juge Perreault

C’est le juge en chef adjoint de la Cour du Québec (responsable des cours municipales) André Perreault qui a été désigné pour la gestion de l’audience. D’autres requêtes préliminaires devraient également être débattues avant la tenue d’un éventuel procès. Les accusés seront de retour devant le tribunal le 24 novembre prochain.

Rappelons que Nathalie Normandeau, Marc-Yvan Côté, Bruno Lortie, France Michaud, Mario Martel et François Roussy font face à une kyrielle d’accusations, notamment de complot, fraude et abus de confiance.

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