/regional/montreal/montreal

Bannir les publicités dans le métro: une note de l'IRIS est critiquée

 - Agence QMI

GEN-PUBLICITES-METRO

ZACHARIE GOUDREAULT/24 HEURES/AGENCE QMI

La publicité serait de moins en moins présente dans les stations de métro, contrairement à ce qu’indique une fiche de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS).

Une chercheuse de l’IRIS, Eve-Lyne Couturier, a publié lundi matin une fiche socioéconomique où elle propose que la publicité commerciale soit bannie sur la voie publique ainsi que dans l’ensemble du réseau de la Société de transport de Montréal (STM).

Cette mesure permettrait, selon elle, de contrer la surconsommation et les publicités «qui montrent la femme avec un air soumis et très sexualisé», a-t-elle indiqué au «24 Heures». Elle propose entre autres de remplacer le contenu publicitaire commercial par «des œuvres d’art» et des invitations à prendre part à «des pièces de théâtre».

Mme Couturier déplore d’ailleurs que la publicité soit «de plus en plus envahissante dans le métro. Des wagons de métro sont entièrement couverts de publicités. Il y a de la publicité qui dépasse les cadres, qui va jusqu’au plancher, dans les escaliers mécaniques, partout. Plus ça va, plus il y a de la publicité partout dans les transports en commun», a-t-elle lancé.

Pourtant, «le nombre d’espaces publicitaires dans le réseau du métro est stable depuis plusieurs années», a indiqué le conseiller en affaires publiques à la STM, Philippe Déry. Le remplacement progressif des voitures de métro MR-63 par les nouveaux trains AZUR «entraîne même une diminution de l’espace publicitaire dans les trains, puisqu’il n’y a aucun affichage publicitaire dans les trains AZUR», a-t-il ajouté.

«Manque de rigueur»

Jacques Nantel, professeur émérite au département de marketing à HEC Montréal, explique que l’on retrouve de moins en moins de panneaux publicitaires sur la voie publique, car «ce n’est pas économiquement intéressant pour les entreprises», qui préfèrent se tourner vers le web.

«Prenez juste l’intérieur des autobus et des métros. Il n’y a pas plus [de publicités] qu’avant, il y en a moins», a affirmé celui qui déplore «le manque de rigueur scientifique» de la fiche socioéconomique de l’IRIS.

Par ailleurs, la Ville ne pourrait pas abolir unilatéralement la publicité sur la voie publique, car «en vertu de la "Loi sur l'aménagement et l'urbanisme", aucun pouvoir habilitant ne permet à une municipalité québécoise d'interdire l'affichage commercial sur l’ensemble de son territoire», a précisé par courriel Jules Chamberland-Lajoie, relationniste à la Ville de Montréal.

Normes sévères

M. Nantel s’étonne qu'Eve-Lyne Couturier dénonce la présence de publicités «sexistes» dans le réseau de transport, car le Code canadien des normes de la publicité interdit la présence de publicités qui effectuent toute forme de discrimination, incluant celle basée sur le sexe.

«Aller enlever toutes les publicités parce qu’elles sont sexistes, c’est présumer que toutes les publicités sont sexistes par définition. Et je ne pense pas qu’on en soit là», a souligné le professeur en réaction aux propos de la chercheuse.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.