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Des clients de Sears se retrouvent le bec à l'eau

La fermeture de Sears Canada en janvier prochain mécontente de nombreux consommateurs qui ont acheté une garantie prolongée dans l’un de ses magasins.

Ces derniers se sentent lésés d’avoir versé de l'argent pour un service dont ils ne bénéficieront jamais.

«Je ne vois pas pourquoi je paierais pour quelque chose que je n'aurai pas. C'est comme si je payais pour de l'air», se désole Isabelle Petit.

La femme de Repentigny n'en revient pas de devoir continuer à payer pour une garantie qui n'existe plus.

En 2015, elle a acheté plusieurs électroménagers chez Sears. Elle s’est procuré une garantie prolongée pour un coût total de près de 1200$.

L’entreprise a annoncé il y a trois semaines la fermeture de ses magasins au Canada. Résultat: elle n'honore plus les garanties prolongées depuis le 19 octobre.

Mme Petit a échelonné ses paiements sur cinq ans et doit faire affaire avec la Banque Scotia. Selon un porte-parole chez Sears, c'est avec cette dernière qu'elle doit négocier.

«Je comprends, pour des clients qui vont payer continuellement pour quelque chose qu'ils ne vont jamais avoir... À ce point-là, c'est vraiment un arrangement entre eux et la banque», explique Vincent Power, de Sears Canada.

Prendre un avocat

Il est donc impossible pour Isabelle Petit de faire modifier ses paiements. «La Banque Scotia a dit: "Bon, bien, c'est correct, on va vous payer une partie de ces 1200 dollars-là." On s'était entendus sur un montant d'argent. Et, deux jours plus tard, on me rappelle pour me dire: "Bien, madame, on est désolés, mais on ne pourra pas honorer ce qu'on vous a dit".»

Un couple rencontré par TVA Nouvelles vit la même situation. «Continuez à payer et... c'est fini. Vu qu'ils ont fait faillite... À moins de prendre un avocat... Mais ça vaut-tu la peine d'entreprendre des démarches? Ça va coûter plus cher que ce qu'on pourrait retirer.»

Une avocate d’Option Consommateurs estime que les recours sont bien minces. «Les gens qui voudraient faire valoir leur droit contre Sears pourraient, théoriquement, le faire. Ils vont passer, à ce moment-là, dans la banque des créanciers ordinaires. Et, à savoir, est-ce qu'il va rester suffisamment d'argent pour payer tout le monde, en bout de piste? Ça, c'est une autre grosse question», avance Me Sylvie De Bellefeuille.

Les clients touchés ont l'impression que tout le monde se renvoie la balle. Chez Banque Scotia, personne n'a été en mesure de répondre à nos questions mardi.

Tous les magasins de Sears au Canada seront fermés d'ici le 21 janvier 2018.

-D’après un reportage de Bénédicte Lebel

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