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Québec cesse de payer l’hôtel à des sinistrés

Deux sinistrées devront quitter le motel où les avait logées la Croix-Rouge à la suite des inondations du printemps, mais elles n’ont nulle part où aller.

Laïla Nejmi et Isabelle Dyons, de Saint-Placide, dans les Laurentides, ont peur de se retrouver à la rue.

«On a reçu un téléphone du ministère de la Sécurité publique [MSP] le 26 octobre nous disant que nous devions quitter le motel deux jours plus tard, mais nous n’avons nulle part où aller, pas d’amis ni de famille pour nous loger», dit Mme Dyons.

Grâce à l’intervention de leur députée Sylvie D’Amours, les deux femmes ont obtenu un sursis de quelques jours, mais la situation n’est que temporaire. Elles devront quitter l’endroit lundi.

Québec paie l’hôtel pour les 100 premiers jours après le sinistre et peut prolonger ; mais c’est du cas par cas.

Pourtant les deux femmes affirment avoir suivi les directives du Ministère à la lettre, mais que ces directives changent constamment, ce qui cause des délais dans les travaux.

«On avait convenu ensemble, avec la Croix-Rouge et le MSP, qu’il nous fallait un abri Tempo pour abriter le matériel de notre entreprise qui est dans la maison. On a donc magasiné un abri Tempo en attendant de recevoir l’avance qui allait nous permettre de l’acheter. Puis soudainement, en nous annonçant qu’ils nous coupaient le motel, le Ministère nous dit que les abris Tempo ne sont pas une dépense admissible», raconte Isabelle Dyons.

«Vous auriez dû vider votre maison et décontaminer», leur aurait dit l’agent du ministère de la Sécurité publique en leur annonçant qu’elles devaient quitter le motel.

Contamination

Depuis la première vague d’inondation, en mai dernier, les deux femmes ont transporté des dizaines de boîtes de matériel de l’atelier de leur entreprise d’artisanat, inondé par 8 pieds d’eau, jusqu’au sous-sol de leur maison.

Puis, lorsque la maison a été inondée à son tour, elles ont monté les boîtes au rez-de-chaussée, pour les redescendre au sous-sol, une fois l’eau retirée. Elles estiment avoir jeté 90 % de leur matériel.

La maison, contaminée par l’humidité, est remplie jusqu’au plafond de boîtes qu’elles tentent de sauver.

«On ne peut pas stocker ça dans un entrepôt, car c’est contaminé et il va falloir laver chaque morceau un par un. C’est pour ça que l’idée du Tempo nous semblait bonne.»

Mais Laïla Nejmi et Isabelle Dyons n’ont pas d’argent pour l’acheter.

Mesure d’urgence

Lundi, elles ont appris que le MSP attend d’elles une soumission pour la décontamination de leur maison.

«Mais pour ça, il faut que la maison soit vidée et ils n’acceptent plus la solution qu’ils nous ont eux-mêmes proposée pour disposer de notre matériel. On ne sait plus quoi faire.»

Le Ministère refuse de commenter cette situation précise, mais confirme que d’autres familles ont également reçu la même nouvelle dans les derniers jours.

«Le programme d’hébergement temporaire est une mesure d’urgence pour aider les gens du quatrième au centième jour d’évacuation. Il peut être prolongé exceptionnellement, mais les gens doivent en faire la demande auprès de la Croix-Rouge et s’y rapporter chaque semaine.»

Selon la porte-parole Louise Quintin, la majorité des cas seraient réglés depuis longtemps.

«Ceux qui restent, c’est du cas par cas.»

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