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Victimes de Bertrand Charest: une enfance brisée par leur coach

Claudia Berthiaume | Agence QMI

Les victimes de Bertrand Charest se décrivent comme des passionnées de ski dont l’enfance a été brisée par leur coach, qui ont dû vivre avec un sentiment de culpabilité pendant deux décennies.

Enfin libérées de leur lourd secret depuis que leur agresseur a été reconnu coupable, plusieurs femmes ayant skié sous les ordres de Bertrand Charest dans les années 1990 ont détaillé ce matin à la cour les conséquences que les abus perpétrés par leur coach ont eu dans leur vie.

Carrière brisée par un entraîneur qui avait une emprise totale sur elles, anxiété et crises de panique à l’idée de croiser Bertrand Charest pendant des années, peur incontrôlable que leurs propres enfants subissent la même chose qu’elles, problème avec l’autorité et difficulté à discerner le bien du mal.

Ce ne sont que quelques exemples des impacts vécus par les ex-athlètes qui ont côtoyé l’entraîneur de Mont-Tremblant lors de leur passage à l’équipe Laurentienne ou à l’équipe canadienne junior.

Ressemblances

Les ressemblances sont frappantes entre les témoignages qu’a entendus le juge Sylvain Lépine, au palais de justice de Saint-Jérôme, a constaté Le Journal de Montréal.

Les anciennes athlètes ont toutes dû composer avec un traumatisme lié aux commentaires désobligeants de Charest à leur égard et aux gestes à connotation sexuelle que leur coach a posés de façon répétée.

À l’étape des représentations sur sentence, quatre ex-skieuses ont choisi de raconter leur parcours en personne - sur place ou en visioconférence - alors que cinq autres l’ont fait par le biais de lettres lues par les procureures de la Couronne.

Plusieurs ont affirmé n’avoir réalisé que récemment qu’elles n’étaient coupables de rien, après des années à vivre dans la honte.

Certaines d’entre elles ont souligné l’effet libérateur qu’a eu la dénonciation de leur agresseur, près de deux décennies après les crimes.

«J’espère que mon histoire, notre histoire encouragera d’autres personnes à dénoncer, peu importe dans quelle sphère de la société vous êtes», a souligné l’une d’entre elles.

Neuf victimes

En juin dernier, Bertrand Charest a été reconnu coupable de 37 accusations d’agression et contacts sexuels alors qu’il était en position d’autorité à l’égard de neuf jeunes skieuses.

Au départ, le coach déchu faisait face à 57 chefs d’exploitation et d’agression sexuelle à l’égard de 12 skieuses, âgées de 12 à 19 ans.

Le juge Sylvain Lépine a décrit Charest comme un «véritable prédateur tissant sa toile soigneusement pour y attirer de jeunes femmes, adolescentes, et exercer sur elles un ascendant total».

L’homme de 52 ans est détenu depuis son arrestation en mars 2015.

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