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«Ost** qu'on est dans marde!»

Jean-François Desbiens | TVA Nouvelles

Au 24e jour de procès des trois ex-employés de la MMA accusés de négligence criminelle ayant causé la mort de 47 personnes à Lac-Mégantic, les jurés ont complété mercredi l'écoute des conversations téléphoniques entre les accusés le soir et la nuit des tragiques événements.

Le déraillement s'est produit vers 1h14 le 6 juillet 2013. Pendant près d'une heure, Thomas Harding pensait que le feu qui ravageait une partie du centre-ville était dû à une fuite de gaz naturel.

Après de nombreux appels, ce n'est que vers 2h30 que le contrôleur ferroviaire Richard Labrie obtiendra confirmation que c'est le train de la MMA qui brûle en plein coeur de Lac-Mégantic.

Un chauffeur de taxi l'a informé que des témoins dans le secteur de l'OTJ ont vu le convoi de citernes de pétrole passer à vive allure.

Quand Labrie apprend la nouvelle au directeur de l'exploitation Jean Demaître, les deux réalisent l'ampleur de la situation.

Labrie: «Jean, mets tes culottes»

Demaître: «Comment ça?»

Labrie: «C'est notre train qui a runné down!»

Demaître: «Tu me niaises là tabarnac»

Labrie: «Non»

Demaître: «Aie tu me niaises-tu?»

Labrie: «Non, non»

Demaître: «Ostie qu'on est dans marde!»

La réaction initiale de Jean Demaître veut que Thomas Harding n'ait probablement pas sécurisé le train de manière adéquate.

Quand le mécanicien de locomotive réussit à rejoindre Richard Labrie vers 3 h 29, ce dernier lui confirme que c'est son train qui est parti à la dérive.

Labrie: «C'est ton train qui brûle»

Harding: «Non RJ! Merde!»

Labrie: «J'ai eu la confirmation vers 2h30»

Harding: «Le train de pétrole a descendu jusqu'en bas? Ah tabarnac de tabarnac! Il était sécurisé RJ quand j'ai quitté. La locomotive était "fucking" sécurisée»

Abasourdi, pour ne pas dire complètement assommé, Thomas Harding s'interroge à savoir comment est-ce possible.

Harding: «Comment cette chose a pu commencer à rouler?»

Labrie: «Je ne sais pas. Combien de freins avais-tu mis?»

Harding: «Les cinq unités, le tampon et le premier wagon; sept en tout»Plus tard dans la nuit, lors d'une conversation entre Labrie et un cadre non-identifié de la MMA, ce dernier étonné, mentionne qu'il n'y avait pas suffisamment de freins manuels d'appliqués.

- Cadre: «Qu'est-ce qui avait comme brakes là-dessus?»

- Labrie: «Tom m'a dit: Toutes les locos, le VB pis le premier char étaient brakés.»

- Cadre: «Tabarnac... C'est pas assez ça!»

Le procès en était à sa 24e journée. Lundi prochain, un ancien enquêteur du Bureau de la sécurité des transports doit témoigner à titre d'expert.

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