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Les travailleuses d’un refuge pour femmes tiennent tête à leur employeur

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Les travailleuses de l’unique refuge pour femmes francophones d’Ottawa, la Maison d’amitié, accusent leur employeur de recourir à l’intimidation pour leur faire accepter une entente qui affecterait considérablement leurs conditions de travail ainsi que les services offerts aux bénéficiaires de l’établissement.

Malgré les négociations avec un médiateur provincial, la Maison d’amitié exige toujours des coupes importantes dans les salaires, les avantages sociaux et les conditions de travail de ses employées. La direction du centre pour femmes et enfants victimes de violence demande également l'abolition des prestations pour le personnel à temps partiel, selon les employées.

Par la voix du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), les travailleuses du refuge ont rejeté vendredi les demandes de récupération massive de leur employeur, qu’elles estiment inacceptables puisque le financement gouvernemental de la Maison d'amitié est resté stable et que le centre ne traverse pas de crise financière.

«Maison d'amitié a fabriqué cette crise pour obliger les salariées à accepter une entente terrible, une qui leur fera du tort à elles ainsi qu'aux femmes et aux enfants qui se prévalent des services de l'agence», a affirmé Jacynthe Barbeau, représentante du SCFP, par communiqué.

«Comment interpréter autrement la position de Maison d'amitié? Il ne s'agit de rien de plus que d'intimider des employées pour avoir osé parler d'une seule voix en tant que membres d'un syndicat», a-t-elle poursuivi.

L’établissement d’Ottawa compte 36 employées. Une proportion importante d’entre elles travaillent à temps partiel.

«Les revendications de Maison d'amitié ne feront que créer des emplois plus précaires et mal payés, ce qui entraînera un va-et-vient continuel de travailleuses. Cela privera les femmes qui fuient la violence de la continuité des soins et des conseils efficaces dont elles ont besoin. Seul un groupe d'employées sûr et stable peut fournir ce type de soutien et d'assistance», a ajouté Mme Barbeau.

La Maison d'amitié a fixé au 20 novembre sa date butoir pour une grève ou un lock-out.