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Davie doit recevoir sa juste part des contrats maritimes, réclame l’opposition fédérale

 - Agence QMI

L’opposition a unanimement demandé lundi matin à ce qu’Ottawa accorde sa juste part de contrats maritimes au chantier Davie, de Lévis, présentement laissé pour compte dans les travaux majeurs commandés par le fédéral.

«Si le gouvernement se dit à l’écoute de la classe moyenne et du Québec, il faudrait que la province ait sa part», a lancé le député néodémocrate Alexandre Boulerice avant son entrée aux Communes lundi après-midi. Avec plus de 100 travailleurs déjà mis à pied et jusqu’à 800 emplois menacés à la Davie, il craint un exode de l’expertise québécoise.

Le gouvernement a annoncé vendredi qu’il ne commanderait pas de deuxième navire de ravitaillement, alors que le chantier Davie doit bientôt livrer la première de ces embarcations, l’«Astérix». Un «affront», selon le conservateur Gérard Deltell, qui demande au gouvernement Trudeau de faire marche arrière.

«Les travailleurs de la Davie sont prêts et la Marine en a besoin», a-t-il plaidé.

Le président de Irving Shipyard, chantier naval d’Halifax, a lui aussi indiqué lundi matin que les services de la Davie ne lui seraient pas nécessaires, autant dans l’exécution du travail sur les cinq à six navires côtiers commandés par le gouvernement que pour la réalisation de 15 navires de combat. «Nous n’avons pas besoin de capacités additionnelles», a dit Kevin McCoy, assurant que son entreprise respecterait tous ses échéanciers.

Au total, sur les 100 milliards $ de contrats maritimes compris dans la stratégie fédérale, le chantier Davie en a touché moins de 1 %, pour l’équivalent de 717 millions $.

Le Bloc québécois somme le fédéral d’agir en retirant une partie des contrats à Irving Shipyard pour les donner au chantier Davie. «C’est une injustice grave qui coûte cher au Québec. [...] Le chantier Davie a fini l’«Astérix» dans les temps et pour moins cher que prévu, contrairement à Irving qui dépasse les délais et pour qui il y a des extras», a déclaré la chef Martine Ouellet.

Le parti indépendantiste a réussi à faire adopter aux Communes, lundi après-midi, une motion qui «déplore la perte de 800 emplois, d’ici la fin de l’année, au chantier Davie de Lévis».

Si le gouvernement se dit effectivement «préoccupé» par le sort des ouvriers de la région de Québec, il ne peut toutefois pas leur garantir du travail. «Pour l’avenir, le chantier Davie est éligible à soumissionner pour des besoins qui pourraient se présenter de temps à autres», a indiqué le secrétaire parlementaire de la ministre de l’Approvisionnement et des Services publics, Steven MacKinnon.

Ottawa répète que la Davie pourra notamment appliquer sur 2 milliards $ en contrats de construction de petits navires et de travaux d’entretien.

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