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Les ménages locataires doivent accroître leur épargne

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Poussé par la progression soutenue des prix des résidences au Québec depuis l’an 2000, l’écart de richesse s’est creusé de façon notable entre les propriétaires et les locataires, ces derniers devant essentiellement se constituer un patrimoine en épargnant, ce qui n’est pas toujours une mince affaire.

Les ménages propriétaires ont en effet tiré profit de l’effervescence du marché immobilier ces 17 dernières années, la valeur moyenne d’une résidence ayant doublé, passant d’environ 145 000 $ à 290 000 $. Les propriétaires ont aussi pu profiter des bas taux d’intérêt pour rembourser leur hypothèque dans un délai plus court, des conditions ayant échappé aux locataires, qui composent 40 % des ménages dans la Belle Province.

Selon Hélène Bégin, économiste principale du Mouvement Desjardins, les ménages qui optent pour la location doivent redoubler d’efforts pour se préparer en vue de la retraite, alors que les propriétaires, eux, ont une valeur nette moyenne de 340 000 $, selon des données de 2016.

Mme Bégin croit que les locataires doivent planifier leurs finances personnelles de manière à «consacrer une part de leur revenu à l’épargne lorsque c’est possible», écrit-elle dans le bulletin «Point de vue économique» publié mercredi.

La remontée graduelle des taux d’intérêt, attendue depuis un bon moment déjà, «devrait inciter les ménages à épargner davantage en vue de la retraite», selon Mme Bégin, qui note toutefois que «l’épargne privée semble insuffisante pour la plupart des Québécois».

«Une fois à la retraite, les ménages doivent bien souvent puiser dans les actifs accumulés au fil du temps avant le début des prestations publiques des deux paliers de gouvernement. Une faible part des gens qui se retirent du marché du travail peut compter sur un revenu de retraite qui provient d’un ancien employeur», précise-t-elle.

Hélène Bégin met en lumière que les avoirs financiers des 65 ans et plus, excluant les caisses de retraite des employeurs, étaient en moyenne de 150 000 $ par ménage en 2016, selon un coup de sonde d’Ipsos Reid. Selon elle, il s’agit d’un actif incomplet à l’heure où l’espérance de vie croît et que les gens partent à la retraite plus tôt.

«Cette somme paraît insuffisante pour traverser la période du début de la retraite jusqu’au début des prestations publiques. Les simulations présentées dans [la] récente étude [«Régimes de retraite publics: analyse de la flexibilité du système actuel et effets d’une réforme possible»] suggèrent, selon certaines hypothèses, qu’une épargne privée nettement plus élevée serait nécessaire», indique Mme Bégin.

Quand on sait que les actifs financiers de la moitié des Québécois, tous groupes d’âge confondus, se chiffrent à moins de 25 000 $, l’économiste principale de Desjardins dit qu’«un coup de barre s’impose pour rectifier le tir». À l’autre bout du spectre, 7,1 % des Québécois détenaient l’an dernier des actifs financiers de 350 000 $ et plus.

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