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Erreur technique

La STM doit leur verser 1,2 million $

Catherine Montambeault | Agence QMI

La Société de transport de Montréal (STM) vient d’être condamnée à verser plus de 1,2 million de dollars à deux ex-ambulanciers qui ont eu peur de mourir sous le métro il y a cinq ans à cause de l’erreur d’un technicien.

Un employé de la STM a accidentellement actionné le klaxon du métro alors que les ambulanciers d’Urgences-santé Yolande Poisson et Jean Langlois s’affairaient à dégager le corps d’une personne décédée sous les wagons du train en 2012.

Croyant que cette alarme les avertissait du départ imminent du métro, les ambulanciers ont éprouvé une peur intense pour leur vie.

Et lorsqu’un deuxième coup de klaxon s’est fait entendre, Yolande Poisson s’est mise à paniquer.

«J’ai très chaud. J’ai des nausées. Je panique alors je tire le corps. Affolée de voir Jean pris derrière le corps, je me sens impuissante, alors j’ai tiré comme une folle», avait-elle raconté en 2013 devant la Commission des lésions professionnelles.

Les ambulanciers sont parvenus à compléter leur intervention malgré leur angoisse. Ils affirment qu’aucun représentant de la STM ne leur a expliqué ce qui s’était passé.

Stress post-traumatique

Ce n’est que plus tard qu’ils ont appris qu’un technicien avait involontairement déclenché le klaxon alors qu’il sécurisait le parebrise fracassé du wagon de tête.

Le chef d’incident de la STM, Pierre Ross, assure avoir avisé les ambulanciers, une fois leur intervention terminée, qu’ils n’avaient jamais été en danger.

Cet événement a entraîné des dommages psychologiques chez les deux collègues ainsi que des blessures physiques chez Mme Poisson, qui s’est fait mal à l’épaule et au coude en tirant sur le corps de la victime.

Tous deux ont reçu un diagnostic de syndrome de stress post-traumatique et perçoivent des prestations de remplacement de revenus depuis.

Ils ont également été déclarés «inaptes à exercer le travail d’ambulancier ou tout autre travail qui les expose à des situations qui impliquent un haut niveau de stress», selon le jugement.

Mme Poisson travaille désormais comme aide-cuisinière à temps partiel et gagne environ 14 000 $ par année. De son côté, M. Langlois s’est trouvé un nouvel emploi comme homme à tout faire.

Dans un jugement rendu lundi, la Cour supérieure a condamné la STM à payer les sommes de 624 069 $ à Yolande Poisson et de 645 500 $ à Jean Langlois pour les dommages encourus.

Mauvaise réaction

La juge Suzanne Courchesne a conclu que la STM aurait dû agir «sans délai» afin de les rassurer de l’absence de danger.

«S’ils avaient été rassurés sans délai [...] le Tribunal est convaincu que leurs dommages auraient été considérablement moindres sinon inexistants», peut-on lire dans le jugement.

Contactée par «Le Journal de Montréal», Mme Poisson s’est dite «très satisfaite du jugement», sans vouloir commenter davantage étant donné que ce dernier pourrait être porté en appel. Il a été impossible de joindre M. Langlois mercredi.

La STM a quant à elle refusé de commenter l’affaire.

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