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Les ventes de maisons stagnent à Québec

Jean-Luc Lavallée | Le Journal de Québec

archives, Journal de Québec

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Contrairement à Montréal, où le marché immobilier a repris de la vigueur, la région de Québec traîne toujours de la patte avec des ventes de maisons qui stagnent, un repli des ventes de condos et des prix relativement stables.

Dans les 10 premiers mois de l’année 2017, un peu plus de 5500 maisons unifamiliales ont changé de propriétaire, un résultat qui se compare à celui de 2016. En décortiquant les chiffres, on constate toutefois une légère embellie dans l’agglomération de Québec (+2 %) qui comprend aussi Saint-Augustin et L’Ancienne-Lorette, alors que les choses se sont gâtées à Lévis.

«La Rive-Sud de Québec tire les statistiques à la baisse cette année avec un recul des ventes de 5 %. Après un léger regain des ventes en 2016 à Lévis, celles-ci ont recommencé à diminuer en 2017», peut-on lire dans le rapport publié cette semaine par la firme JLR Solutions Foncières, spécialisée dans les études liées au marché immobilier.

Depuis le début de l’année, le prix médian des unifamiliales a légèrement augmenté : +1 % dans l’agglomération de Québec, +4 % dans la couronne nord et +2 % sur la Rive-Sud, pour une moyenne de +2 % dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec.

Recul de 3 % pour les Copropriétés

Le portrait est plus sombre du côté des ventes de copropriétés (2627) qui affichent un recul de 3 % depuis le début de l’année, alors que le prix médian n’a pas bougé par rapport à l’année précédente. Statistique troublante : depuis 5 ans, les ventes de condos dans l’agglomération de Québec (Québec, Saint-Augustin, L’Ancienne-Lorette) ont chuté de 33 %.

«La surconstruction a été un facteur important. Il y a eu une folie du condo. C’est en train de se résorber, mais ç’a créé un surplus dans le marché qui a rendu les ventes très longues et ç’a fait peur aux gens. Quand tout le monde a de la difficulté à vendre son condo, t’as pas le goût de t’en acheter un», observe l’économiste de JLR Joanie Fontaine, en entrevue.

On note toutefois la performance digne de mention de la couronne nord (qui comprend plusieurs municipalités des MRC de la Jacques-Cartier, de l’Île d’Orléans et de la Côte-de-Beaupré) avec une hausse de 23 % des ventes de condos depuis janvier. Les 165 transactions ne représentent toutefois qu’un faible pourcentage (6,3 %) des ventes régionales.

«Le constat global à Québec, c’est que les ventes sont largement en dessous du niveau de 2012 et elles ne reprennent pas, alors qu’à Gatineau et à Montréal, ç’a repris beaucoup», note Mme Fontaine.

À titre comparatif, dans la RMR de Montréal, on a observé une hausse des ventes de condos de 8 % en 2017 et de leur prix de vente (+3 %) ainsi qu’une hausse des ventes de maisons de 4 % et de leur prix (+5 %).

Des signes encourageants ?

«Malgré que les statistiques pour les 10 derniers mois de l’année témoignent encore d’une certaine morosité dans le marché, la croissance des ventes des 4 derniers mois et la diminution importante du nombre de copropriétés achevées et non écoulées laissent croire à une légère amélioration», nuance toutefois JLR dans son rapport.

«Il faudra voir si cette tendance se poursuivra en 2018 alors que de nouvelles hausses des taux d’intérêt pourraient survenir.»

FAITS SAILLANTS DANS LA RÉGION DE QUÉBEC

•Le nombre d’unifamiliales vendues entre janvier et octobre 2017 est resté stable par rapport à l’année précédente, alors que les ventes de copropriétés ont reculé de 3 %.

•Le prix médian des unifamiliales a connu une hausse de 2 % cette année par rapport aux 10 premiers mois de 2016. Aucune variation n’a été notée pour les copropriétés.

•En 5 ans, les ventes de copropriétés ont chuté de 33 % dans l’agglomération de Québec.

•L’excès de construction de copropriétés, il y a quelques années, a limité la croissance des prix et a même causé des baisses par endroits.

Source : données publiées au Registre foncier du Québec et colligées par JLR Solutions Foncières (JLR.ca) pour la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec

Sainte-Brigitte-de-Laval - Hausse de 1,7 % du rôle d’évaluation

Le ralentissement du marché immobilier se fait aussi sentir à Sainte-Brigitte-de-Laval où la valeur des maisons a augmenté d’à peine 1,7 % en moyenne depuis trois ans, selon le plus récent rôle d’évaluation déposé au début novembre.

La municipalité de la couronne nord de Québec est la seule, dans toute la RMR de Québec, qui déposait un nouveau rôle triennal cette année pour la période 2018-2019-2020, ce qui laisse entrevoir des hausses modestes ailleurs dans la région l’an prochain.

«Ordre de grandeur»

Selon l’évaluateur agréé Sylvain Méthot du Groupe Altus, un scénario similaire risque de se produire à Québec, Lévis et dans les autres municipalités.

«Ça donne un ordre de grandeur qui suit ce qu’on a vécu et ce qu’on pourrait encore vivre avec le prochain dépôt de rôle à la Ville de Québec dans un an. Je ne pense pas qu’il va y avoir de grosses augmentations à Québec et Lévis.

Je ne m’attends pas à des hausses de valeur à l’île d’Orléans non plus, avec toutes les pancartes là-bas», a-t-il exprimé en entrevue.

Sous l’évaluation

Le resserrement des règles hypothécaires, l’offre élevée de condos et la hausse des taux d’intérêt sont autant d’effets qui ont contribué à freiner la croissance soutenue du marché dans les dernières années.

«On est loin de la période où ça augmentait de 10 % par année. On voit beaucoup de transactions immobilières qui sont faites en bas de l’évaluation municipale, c’est pour ça qu’il faut se réajuster», précise M. Méthot.

Lors du dépôt du précédent rôle, la valeur moyenne des maisons unifamiliales avait grimpé de 15,4 % à Sainte-Brigitte, alors qu’elle avait connu une hausse moyenne de 10,8 % à Québec.