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Une percée scientifique pour lutter contre la Listeria

Diane Tremblay | Agence QMI

DIDIER DEBUSSCHÈRE/JOURNAL DE MONTRÉAL

Fumoir Grizzly est prête à intégrer la Bac M35 dans sa chaîne de production, ce qui permettra d’enrayer les risques de contamination à la Listeria.

La Listeria, c’est la hantise de toute entreprise œuvrant dans la transformation alimentaire, mais une découverte scientifique, réalisée à Québec, pourrait permettre d’éviter les coûteux rappels de produits.

Depuis 15 ans, Fumoir Grizzly travaille avec des chercheurs au développement de la bactériocine M35 et à la mise au point d’un procédé d’application.

«La Listeria, pour nous dans l’industrie agroalimentaire, c’est un défi qui est constant. Il y a eu des cas de charcuterie et de fromage dont on a beaucoup parlé. C’est partout dans l’industrie agroalimentaire», a indiqué Laura Boivin, présidente de Fumoir Grizzly.

Les travaux de recherche menés par l’équipe du professeur Ismaïl Fliss, de l’Université Laval, ont permis de confirmer l’efficacité de la Bac M35 qui est un bioingrédient naturellement présent dans le milieu marin.

Cette percée scientifique pourrait révolutionner le domaine de la conservation à l’échelle planétaire. Fumoir Grizzly a reçu l’homologation de Santé Canada pour appliquer la Bac M35 sur les saumons et les truites fumés. Le produit sera déposé à l’aide d’une fine bruine. Cette nouvelle façon de faire entrera en vigueur d’ici deux à trois semaines.

Au total, près de 600 000 $ ont été investis dans les travaux de recherche, dont près de la moitié par Fumoir Grizzly.

«Il a fallu développer un prototype d’introduction sur notre chaîne de production», a ajouté Mme Boivin.

Des rappels coûteux

Fumoir Grizzly compte commercialiser cette découverte à l’échelle internationale en raison des licences qu’elle détient.

«C’est une technologie totalement naturelle qui vient répondre à un enjeu important.»

Pour les entreprises confrontées à la Listeria, les coûts de rappel de produits sont exorbitants, sans compter l’atteinte à la marque et à la réputation.

«De nombreuses entreprises ne s’en sortent pas. Elles font faillite. Pour des multinationales, ces pertes peuvent représenter jusqu’à 3% de leur chiffre d’affaires annuellement.»

L’autre avantage de cette bactériocine est qu’elle remplace les additifs chimiques et l’ajout de sel dans la conservation. La Bac M35 est une culture bactérienne comme les probiotiques, qui est sans conséquence pour la santé humaine, ajoute Mme Boivin.

Des demandes d’homologation ont été déposées aux États-Unis et sont en voie de l’être pour l’Europe et d’autres pays.