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Un manque «de respect flagrant» pour les proches de Véronique Barbe

Le documentaire «Soixante-dix» portant sur 17 femmes assassinées dénonce les corps policiers qui jettent des preuves lorsque les meurtres sont survenus il y a des dizaines années. Mais à l'avant-première, c’est la présence dans le film d’Ugo Fredette, accusé de double meurtre, qui retient l’attention.

Le frère d'une de ses présumées victimes, Daniel Barbe, n'a pas assisté comme les dizaines de familles de femmes assassinées, à l'événement.

«Je vais vous avouer que nous sommes sous le choc. On s’est tous appelé ce matin. On a déjà rencontré M. Parent (le réalisateur) et je pense qu’il fait un bon travail, mais là c’est vraiment déplacé de présenter ce film et utiliser le nom de ma sœur (Véronique) quand on parle de meurtre. [...] Il reste quand même quatre enfants. Pour les enfants, on parle d’un manque de respect flagrant», affirme le frère de la victime en entrevue à TVA Nouvelles.

La famille Barbe demande le retrait des scènes où Ugo Fredette est à l’écran cagoulé.

«Il intervient comme figurant. Il a participé aux reconstitutions. Il est cagoulé et on le voit très peu. Je suis pris avec ça. Je ne savais pas que cet ami-là allait commettre un double meurtre quelques mois plus tard», mentionne le réalisateur.

Ugo Fredette est accusé du meurtre de Véronique Barbe survenu en décembre dernier à Saint-Eustache dans les Laurentides.

Message au réalisateur

Le réalisateur Stéphan Parent admet ne pas avoir demandé à la famille Barbe la permission d’utiliser le nom de la victime. Le documentaire a été présenté à sa mémoire sans l'accord de la famille.

«Écoute Stéphan, tu es quelqu’un qui a fait un travail merveilleux sur plein de sujets, mais je pense que ce coup-là, tu as manqué le bateau, explique Daniel Barbe. Si tu te sers de ma sœur pour faire de la publicité, j’espère que j’ai tort. Je pense que la meilleure façon de rendre hommage à Véronique, c’est de la laisser comme elle est. Il ne faut pas oublier les quatre enfants. On s’approche de Noël et il y a des enfants qui n’ont plus leur papa ni leur maman. Je ne comprends pas qu’on arrive avec quelque chose comme ça. Pour nous, c’est terrible», lance le frère de la victime au réalisateur.

Rencontre avec le ministre Coiteux

Au-delà de la controverse, les proches des 17 femmes dont il est question dans le film et qui se sentent abandonnés, espèrent que leurs revendications soient entendues. Ils déplorent que des pièces à conviction sont détruites par des corps de police au fil des ans.

«Que tous les cas d'assassinat et de disparition soient couverts sur le plan des enquêtes par la Sûreté du Québec. Ce qu'on veut, c'est rencontrer le ministre Coiteux personnellement avec les familles pour lui expliquer pourquoi ce serait bon de changer les règles», demande l’avocat Marc Bellemare.

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