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15 ans de déclin chez Loto-Québec

JOEL LEMAY/AGENCE QMI

La rentabilité de Loto-Québec a connu une baisse constante entre 2000 et 2015 et c’est principalement en raison du manque de précision en matière de productivité, a indiqué une étude réalisée par le Centre sur la productivité et la prospérité (CPP) de la Fondation Walter J. Somers de HEC Montréal.

Bien que les campagnes de publicité pour le jeu du hasard responsable et la diminution de la demande sont à la basse des justifications de la baisse de rentabilité, l’étude démontre que si le gouvernement avait contraint Loto-Québec à atteindre des cibles précises en matière de productivité, la chute n’aurait pas été aussi drastique.

«En parcourant les états financiers de Loto-Québec, il apparaît que la capacité de la société d'État à dégager des bénéfices a effectivement été fragilisée par un contexte difficile, a indiqué Robert Gagné, directeur du CPP. Mais, on constate que Loto-Québec n'a pas été en mesure d'atténuer la pression sur sa rentabilité par des gains de productivité. Désormais, la société dégage un bénéfice net réel largement inférieur à celui affiché au milieu des années 2000, ce qui représente un important manque à gagner pour le gouvernement du Québec.»

L’inaction du gouvernement québécois lors des dix premières années de la diminution des revenus a également été mise en cause.

«Bien que la productivité de la Loto-Québec ait commencé à décliner dès le début des années 2000, il aura fallu attendre jusqu'en 2010 pour que le gouvernement du Québec intervienne», a précisé le directeur.

Une hausse de 15% en deux ans

La société d’État a renversé la vapeur au cours des deux dernières années en affichant une hausse de productivité de 15% en deux ans grâce à une «offre de divertissement novatrice et compétitive» et «une gestion efficace et efficiente de ses ressources».

En conclusion, le CPP y va d’une recommandation au gouvernement, soit celle de revoir ses exigences à l’égard de Loto-Québec.

«Ainsi, plutôt que de se limiter à des objectifs financiers et à des formulations vagues en matière de productivité, le gouvernement du Québec doit lui fixer des objectifs clairs et s'assurer que la société d'État les atteigne sans quoi, les revenus dégagés de la commercialisation des jeux de hasard seront à nouveau appelés à diminuer», a conclu Robert Gagné.

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