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Plus de colis à livrer que jamais

MARIE-ÈVE DUMONT/JOURNAL DE MONTRÉAL

Postes Canada croule sous les colis à l’approche des Fêtes. Les facteurs devraient livrer près de 65 millions de paquets cette année en à peine deux mois, du «jamais-vu».

La société d’État prévoit livrer 20% plus de colis au pays en novembre et décembre qu’à pareille date l’an dernier, et le double qu’en 2012.

«Ces chiffres ne sont pas surprenants puisqu’on achète massivement en ligne. Le trois quarts de ce qu’ils [les consommateurs] se procurent nécessitent une livraison physique», explique Guillaume Ducharme, porte-parole du Centre facilitant la recherche et l’innovation dans les organisations (CEFRIO).

La majeure partie de cette distribution se fait via Postes Canada plutôt que par d’autres compagnies de livraison, ajoute M. Ducharme.

1 million par jour

Depuis le 14 novembre, Postes Canada transporte plus d’un million de colis chaque jour.

«Cette année sera certainement du jamais-vu», confirme Philipe Legault, porte-parole à la société d’État.

Certains comptoirs postaux ne savent plus où mettre les boîtes et d’autres ont prolongé leurs heures d’ouverture pour répondre à la demande.

À Montréal, les colis sont livrés durant les fins de semaine depuis le 12 novembre.

Pour faire face à cette augmentation de la demande, Postes Canada a notamment loué 1000 véhicules de plus et embauché 3000 travailleurs temporaires.

«Le commerce électronique est en croissance d’à peu près 30% par année. Une partie est le ramassage en magasin, mais le résiduel se transforme en petites boîtes que l’on doit apporter au client», insiste Jacques Nantel, professeur émérite à HEC Montréal.

22% sur Amazon

Les achats en ligne se font le plus souvent sur des sites à l’extérieur du Québec. L’américain Amazon est le plus populaire et rafle 22% des transactions, selon les chiffres du CEFRIO.

«Si on cumule Amazon et eBay, on obtient le tiers du nombre d’achats en ligne qui sont faits par les Québécois», précise M. Ducharme.

Le commerçant de chez nous qui vend le plus est Simons et il ne rafle que 1% des achats, toujours selon ce que rapporte le CEFRIO. Les Québécois achètent donc très peu de produits locaux en ligne.

Les experts qui prédisaient la fin de la poste lors de la baisse draconienne des envois de lettres au profit des communications par internet sont désormais confondus.

«La livraison de colis en raison du commerce électronique sauve la poste, absolument», conclut Guillaume Ducharme, du CEFRIO.