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Du saumon OGM au resto et à l’hôpital?

Marie-Ève Dumont - Agence QMI

Les Québécois peuvent avoir mangé du saumon génétiquement modifié dans un restaurant, sinon à la cafétéria d’un hôpital ou d’une école, sans qu’il soit possible de le savoir.

« On a pu confirmer que c’est réellement du saumon génétiquement modifié qui est arrivé au Québec durant le mois de juin, comme on s’en doutait », souligne Thibault Rehn, porte-parole de Vigilance OGM, qui réclame l’étiquetage obligatoire des produits génétiquement modifiés.

L’organisme a tenté de savoir quelles entreprises avaient acheté le fameux saumon en déposant une demande d’accès à l’information auprès de l’Agence canadienne d’inspection des aliments.

Cinq cargaisons

Les documents, dont Le Journal a obtenu copie, indiquent que cinq cargaisons de saumon de la compagnie AquaBounty, seul producteur de saumon génétiquement modifié au monde, ont été reçues à l’aéroport de Montréal en juin, en provenance du Panama.

 

En tout, 4,5 tonnes de ce saumon ont été reçues chez nous en un mois, ce qui équivaut à un peu plus de 9920 filets d’une livre.

Ce saumon de l’Atlantique, appelé AquAdvantage, contient un gène du saumon du Pacifique afin d’accélérer sa croissance. Il serait tout aussi bon que le saumon régulier, selon Santé Canada. Des questions persistent quant aux effets à long terme de sa consommation, en plus des questions éthiques et environnementales soulevées. Son étiquetage n’est pas obligatoire au pays.

Informations caviardées

Quatre de ces cinq commandes étaient destinées à la restauration, ce qui inclut « tout produit destiné à la vente aux institutions et aux établissements de service alimentaire », selon la définition de l’Agence.

Ces saumons peuvent donc avoir été utilisés pour la préparation de repas dans des restaurants, mais aussi des hôpitaux, des écoles ou des garderies.

Le cinquième envoi était destiné à la vente directe au consommateur.

Les informations sur le nom des entreprises qui ont acheté ce saumon ont été caviardées, à la demande de ces dernières, dans les documents reçus.

Les trois grandes chaînes, Loblaw (Provigo-Maxi), Sobeys (IGA) et Metro (Super C), ont déjà dit qu’elles n’en vendraient pas. Aquabounty n’a pas rappelé Le Journal.