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Tohu

«Patinoire» des 7 doigts

Caroline Vigeant | Agence QMI

Agence QMI

Avec son spectacle solo «Patinoire», offert en première mardi à la Tohu, Patrick Léonard du collectif circassien Les 7 doigts s’aventure sur un terrain glissant, c’est le cas de le dire. Mais ses déséquilibres, aussi drôles que soigneusement maîtrisés, ne mènent pas le tour de piste à la déroute pour autant. Au contraire.

L’acrobate, qui porte ici à la fois le chapeau de clown et de danseur, est un véritable feu roulant dans cette offrande, qui a vu le jour en 2011, et qui avait notamment fait bonne figure au festival Montréal complètement cirque! Dès son entrée en scène, il occupe à lui seul tout l’espace d’une maladresse attendrissante, tournoyant avec une chaise dans une main et une bouteille de vin dans l’autre.

Son personnage, un pauvre diable toujours sur le point de glisser et à qui rien ne sourit, rêve de connaître son heure de gloire. Pour ce faire, il débarque comme un amuseur de salon avec sa philosophie à deux sous et sa ribambelle d’objets qu’on dirait tout droit sortis d’un marché aux puces : une vieille chaîne stéréo, des haut-parleurs grinçants, un micro, un ventilateur, des trophées, un gramophone, des microsillons, une table, une chaise. Le tout sert de support aux prouesses et pitreries.

Fluide et précis

Si tout dérape pour notre protagoniste de plus en plus ivre – jusqu’à son veston qui lui rend la vie dure –, il en va tout autrement pour l’ex-champion de patins à roulettes artistiques qui lui donne son impulsion. L’exécution de Patrick Léonard est, en effet fluide, et d’une précision d’orfèvre, en plus de donner lieu aux éclats de rire dans la salle circulaire.

Parmi les acrobaties défilant en 75 minutes, celle où Léonard escalade tout son bazar en un podium branlant a produit son effet, tout comme lorsque, aidé par Réginald, une personne du public (ou pas?), il arrive à poser sa pile sur un petit banc. Ses talents d’équilibriste sont souvent mis à profit, notamment pour tenir une bouteille sur la tête juste avant un numéro de diabolo, faisant autant intervenir sa dextérité que sa feinte gaucherie. Or, ce sont sans contredit ses contorsions sur une chaise juchée sur quatre bouteilles de champagne et la grande glissade de clôture qui ont davantage épaté.

Hybride entre le cirque, le théâtre, la danse et l’humour décalé, ce «Patinoire» tragi-comique file sans temps mort, sauf pour le «truc du deux piasses», qui traîne en longueur. Mis en scène par Nicolas Cantin, ce spectacle familial tombe à point pour la période des Fêtes.

«Patinoire» des 7 doigts présenté à la Tohu jusqu’au 6 janvier.

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