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Endeuillée par le décès de sa jumelle, elle change de vie

Diane Tremblay | Agence QMI

Jean-François Desgagnés / Agence QMI

Valérie Roy a commencé sa carrière de policière un mois après le décès de sa sœur jumelle, elle aussi dans les Forces de l’ordre, lorsqu’elle a péri dans une poursuite à haute vitesse à Lévis, en 2009. Six ans plus tard, ce lourd bagage l’a amenée à tout quitter pour repartir à zéro.

Mélanie et Valérie étaient toujours ensemble. Les deux jumelles étaient inséparables. Leur passion commune pour le judo les avait conduites jusqu’aux Jeux du Canada en 2003, où elles avaient remporté l’or en équipe. Ce qui était bon pour l’une était aussi bon pour l’autre. Elles avaient choisi de devenir policières pour aider les autres.

«On faisait tout ensemble. Les mêmes cours au cégep. Les mêmes sports. On avait les mêmes amis», relate Valérie, 29 ans.

Cette belle complicité a pris fin abruptement quand Mélanie est décédée en 2009 dans un accident alors qu’elle répondait à un appel d’urgence. La jeune policière avait trois mois d’expérience. L’enquête du coroner a montré qu’elle roulait à 173 km/h quand elle a perdu le contrôle du véhicule pour aller percuter un viaduc. Ce décès a conduit à deux recommandations concernant la formation sur la conduite en situation d’urgence.

«Tu ne t’attends pas à ça. C’est comme perdre la moitié de moi-même», poursuit Valérie.

Un travail difficile

Un mois après la tragédie, la jeune femme a entrepris sa carrière à la Sûreté du Québec. Affectée aux postes de Portneuf et de Saint-Jean-Port-Joli, elle a fait son chemin, malgré son chagrin, pendant six ans et demi avant de tout lâcher.

«Être policier, c’est un travail difficile. C’est un métier entouré de négatif. Les quarts de nuit, les gens agressifs, les batailles, la violence conjugale, les accidents de voiture, les annonces de décès... Tout cela n’était pas fait pour moi. Le décès de ma sœur et l’accumulation de tous les points négatifs m’ont poussée à agir en essayant de trouver une autre voie à emprunter.»

«Je suis partie avec un sac à dos sur le pouce dans l’Ouest avec ma copine. J’ai décidé de faire confiance à la vie.»

Nouveau départ

À son retour, en octobre 2016, Valérie a acheté la franchise Cardio Plein Air Lévis. Même si le fait d’être à son compte représente des sacrifices comme une baisse de salaire, Valérie n’a aucun regret.

«C’est épeurant de lâcher ça, mais j’étais entourée de gens qui m’ont appuyée. Je vis bien.»

Malgré la neige qui tombe par la fenêtre du café où elle a choisi d’ouvrir son cœur, l’esprit n’est pas aux réjouissances en ce temps des Fêtes. La blessure n’est pas guérie. Peut-être qu’elle ne le sera jamais.

«On dirait que j’ai un blanc par rapport à mes souvenirs d’enfance», ajoute-t-elle, comme s’il y avait un avant et un après.

Son petit bonheur, aujourd’hui, c’est de voir les bienfaits que l’exercice apporte aux gens qu’elle entraîne. «C’est gratifiant, surtout quand je vois du monde qui ne se pensait pas capable», conclut Valérie.

 

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