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Des sinistrés aux prises avec des problèmes de santé

TVA Nouvelles

Les inondations du printemps dernier ont laissé d’importants dégâts matériels, très visibles, mais aussi de grands dommages psychologiques chez les sinistrés, beaucoup moins connus.

Sylvain Lapierre et Katy Deschênes sont des sinistrés des inondations du printemps dernier.

«Des fois, je me demande comment je vais faire pour remonter», se désole Mme Deschênes.

Ils constatent que leur santé s'est détériorée depuis qu'ils sont sinistrés.

Après des mois passés à l'hôtel, des négociations difficiles avec la Sécurité civile, un stress intense qui ne lâche pas, ils estiment que le gouvernement accorde peu d’importance à leur santé mentale et physique?

«Ils ne sont même pas informés de ça, où est-ce qu'on allait», déplore M. Lapierre en entrevue avec TVA Nouvelles.

«Ils s'en foutent, parce qu'ils s'en foutaient pas, ça niaiserait pas de même», rajoute Mme Deschênes.

Des sinistrés comme ce couple disent qu'il ne semble pas qu'on se préoccupe suffisamment de leur santé à la suite de ce qui s'est passé. Ils ont eu de l'aide au début, que ce soit la visite de la Croix-Rouge ou un numéro de téléphone où ils pouvaient appeler. Mais depuis, rien.

«Le trouble de stress post-traumatique, c'est le pire qu'il peut vous arriver au niveau santé mentale après un gros sinistre», détaille Pierre Gosselin, de l’Institut national de santé publique.

M. Gosselin affirme que de telles catastrophes naturelles provoquent un nombre important de chocs post-traumatiques et que ceux qui ont une santé fragile sont souvent très affectés, que Québec n'en fait pas assez pour aider les sinistrés à traverser leurs difficultés lorsqu'ils sont en état de choc.

«Dans les magasins, ils nous disent qu'il faut vivre une belle expérience client quand on veut acheter, soulève M. Gosselin. Bien, l'expérience client, quand on est dans les réseaux de la santé ou de l'indemnisation gouvernementale, tout ça, c'est pas très gratifiant. Alors, il y a cet aspect-là à améliorer.»

Dans les derniers mois, la maison de Sylvain Lapierre et Katy Deschênes a été rasée. Ils ont eu une indemnisation, une nouvelle propriété.

Malgré tout, ils continuent d'avoir des difficultés avec leur dossier.

«Ils nous disent tout le temps: "Ah! bien là, le chèque est en vérification..." Au début, ça disait: "Ah! c'est quelques jours en vérification, après ça, vous allez l'avoir", déplore Mme Deschênes. Après ça, ils me disent: "Ah non! Ça peut prendre deux semaines". Ça fait presque un mois.»

Ils attendent toujours leur chèque, dont la valeur pourrait atteindre près de 30 000 $.

Ils souhaitent maintenant que tout se termine et qu'ils puissent tourner la page.

-D’après le reportage de Denis Therriault