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Dans la série Fugueuse

L’éclosion de Ludivine Reding

Marc-André Lemieux | Agence QMI 

Quand elle a décroché le premier rôle dans Fugueuse l’an dernier, Ludivine Reding a mis du temps avant d’y croire. De son propre aveu, la jeune actrice de 20 ans était persuadée qu’elle n’avait aucune chance de tenir la vedette d’une aussi grosse série. «Je trouvais ça trop fou de penser qu’ils faisaient autant confiance à quelqu’un d’inconnu», confie-t-elle au Journal.

Dominer le générique d’une série-événement comme Fugueuse n’est effectivement pas une mince affaire. Ludivine Reding a participé aux 49 des 54 jours de tournage du drame de Michelle Allen (L’Échappée) sur l’exploitation sexuelle des adolescentes.

Elle y incarne Fanny, une adolescente de 16 ans issue de parents aimants (campés par Lynda Johnson et Claude Legault), qui tombe sous l’emprise d’un prédateur aux commandes d’un réseau de prostitution bien rodé.

Le drame en 10 épisodes détaillera sa longue et douloureuse descente aux enfers.

«Il y a un peu de moi dans Fanny, indique la comédienne. Mais il y a un peu de tout le monde aussi. Parce que c’est une adolescente comme les autres. Elle est pleine d’ambitions, elle a des amis, elle voit la vie du bon côté... Mais elle fait des mauvais choix.»

Selon Ludivine Reding, Fugueuse devrait abattre plusieurs tabous à propos des jeunes filles qui tombent dans ce type de piège.

«De l’extérieur, c’est tellement facile de juger. C’est tellement facile de croire qu’elles sont niaiseuses. Mais les gars qui dirigent ces réseaux sont tellement manipulateurs. Tout est précis. Leur plan est détaillé et réglé au quart de tour.»

La nudité

Sous la direction d’Éric Tessier (Pour Sarah), Ludivine Reding a tourné plusieurs scènes délicates pour Fugueuse. Notamment des scènes de nudité qui auraient mis plus d’une actrice mal à l’aise. Malgré la nature explicite de certaines séquences, la principale intéressée n’a jamais hésité.

«Les scènes de nudité, ce n’est pas un facteur de stress pour moi, indique la comédienne. Et je savais dans quoi je m’embarquais. C’était écrit en rouge partout qu’il fallait qu’on soit à l’aise avec tout ça. J’ai fait confiance à Éric et j’ai juste foncé. On s’est laissé aller et c’est ce qu’il fallait faire, parce qu’on dépeint un monde de prostitution, de drogues et de bars de danseuses. Il fallait montrer les vraies choses. La nudité ne servait pas juste à choquer. Ça avait une raison d’être.»

«Et j’avais la meilleure équipe au monde autour de moi. Sur le plateau, l’ambiance était hyper légère, même quand on avait des scènes très dures, autant physiquement que psychologiquement. On n’en faisait pas tout un plat quand on devait tourner une scène de nudité. On faisait comme si c’était n’importe quelle scène. Et personne n’était mal à l’aise.»

Autodidacte

Malgré son jeune âge, Ludivine Reding a beaucoup d’années de métier derrière la cravate.

Autodidacte, elle a commencé à suivre les traces de son père, Sébastien Reding, en s’initiant au doublage à neuf ans.

Au fil du temps, elle est apparue dans plusieurs séries télé dont Tactik, Les beaux malaises, La théorie du K.O. et Marche à l’ombre. En décembre 2016, elle a obtenu son diplôme en cinéma au Collège Dawson et, depuis ce temps, elle a tourné, en plus de Fugueuse, La Dérape, une série jeunesse qui doit débarquer sur Club illico cet hiver.

Les attentes

Les attentes sont grandes pour Fugueuse. Ludivine Reding le sait, mais elle évite d’y penser. «On m’a dit que ça allait changer ma vie, que les gens allaient me reconnaître dans la rue, etc. Mais ce n’est pas ça qui est important. J’ai juste hâte que les gens découvrent la série. J’ai hâte que ça crée des discussions. Oui, c’est sombre. Oui, certaines scènes vont être dures à digérer, mais il y a toujours un message d’espoir derrière tout ça.»

TVA présente Fugueuse les lundis à 21 h. À compter du 8 janvier.

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