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Une technique pour remplacer les chirurgies bariatriques invasives

TVA Nouvelles

PRÉCISION:

L'opération de Mme Sénécal-Blanchet a eu lieu aujourd'hui et a été un succès

Une femme souffrant d'obésité sera opérée grâce à une technique qui pourrait remplacer des chirurgies bariatriques invasives. Il s’agit d’une première au Canada.

«Il faut que je le fasse pour ma santé, puis pour vivre longtemps avec mes enfants, mes petits bébés», dit Hélène Sénécal-Blanchet, qui subira l'intervention chirurgicale devant l’aider à résoudre son problème d'obésité. «Peut-être que je n'aurai plus besoin de prendre de médication pour le diabète.»

L'intervention va se dérouler dans une clinique privée de Montréal. Plutôt que d'utiliser la chirurgie bariatrique traditionnelle, laquelle est basée sur une réduction du volume de l'estomac, le Dr Michel Gagner a recours à la technique d'aspiration.

«On place un tube à l'intérieur de l'estomac et ce tube-là est ensuite raccordé à un bouton. Ça se trouve à être à l'extérieur de la peau. Le malade doit utiliser ça pour aspirer le contenu de l'estomac. Environ 30% sont évacués de cette façon-là», explique le chirurgien bariatrique.

Cette technique a été inventée par des Américains. On l’utilise en Europe depuis 2012 et aux États-Unis depuis 2016. Elle a reçu l'autorisation de Santé Canada en août dernier.

Processus réversible

L'intervention dure 15 minutes. La patiente reçoit un sédatif, mais elle n'a pas d'anesthésie générale. Contrairement aux chirurgies qui modifient l'anatomie du système digestif, le processus est réversible: l'appareil peut être enlevé.

«Il y a des malades qui ont gardé le dispositif pendant une période de cinq ans et qui maintiennent un poids quasi normal», indique le Dr Gagner.

Une chirurgie bariatrique coûte habituellement entre 13 000$ et 20 000$. Dans ce cas-ci, on parle d'environ 7000$. Pour le moment, au Québec, le secteur privé est le seul à offrir cette intervention.

Le Dr Gagner y va de cette mise en garde: cela n'a rien à voir avec la boulimie. «Dans ce cas-ci, la personne mange normalement, et puis là, on diminue l'absorption des calories.»

Il y aurait 1,2 million de personnes obèses et 2 millions de diabétiques au Canada. De nombreux patients sont en attente d'une chirurgie pendant des années. Cette façon de faire pourrait peut-être un jour diminuer les listes d'attente dans les hôpitaux et réduire la facture des soins de santé reliée à l'obésité au Québec, estimés à près de 3 milliards de dollars par année.

-D’après un reportage d’Harold Gagné