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Laval

Des organismes communautaires contestent une décision concernant les salons de massage

Agence QMI

La décision de la Ville de Laval de confiner les salons de massage et autres établissements à caractère érotique à une nouvelle zone industrielle sur son territoire est contestée par des organismes communautaires.

SIDA-VIE Laval et la COCQ-SIDA (Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida) ont réagi à la décision adoptée à la séance du conseil municipal de mardi soir dernier en demandant «officiellement à la Ville de Laval de surseoir immédiatement à l’application des nouvelles réglementations imposées aux TDS (travailleurs et travailleuses du sexe) et d’engager un véritable dialogue avec ses représentantes et représentants afin de garantir le respect de leurs droits fondamentaux à la sécurité, à la santé et à la liberté de choix».

Les deux organismes déplorent que la Ville de Laval agisse de la sorte «alors que les grandes instances internationales de défense des droits de la personne (Amnistie International, l’ONUSIDA, l’Organisation mondiale de la santé, Human Rights Watch) et que de nombreux organismes communautaires "par et pour" invitent les États à décriminaliser le travail du sexe (TDS)».

Selon SIDA-VIE Laval et COCQ-SIDA, la Ville de Laval ghettoïse les personnes qui effectuent ce métier en confinant les salons de massage à un secteur municipal délimité et isolé, les mettent ainsi «à très haut risque».

«Elles seront désormais loin de l’accès aux services communautaires, sociaux et de santé pourtant reconnus pour l’ensemble des québécois-e-s, elles seront stigmatisées par cette «mise à l’écart géographique» comme étant des citoyen-e-s de seconde classe et il leur sera très difficile de s’assurer d’un minimum de sécurité dans de telles conditions. D’autres seront poussées vers la clandestinité, encore plus loin des services pouvant soutenir leur santé et sécurité.»

«Cette décision a été prise sans aucune concertation avec les instances et organismes regroupant les TDS ni avec les autorités locales de la santé publique et ne s’appuie sur aucune étude ou donnée probantes pouvant légitimer un tel comportement oppressif, déplorent les deux organismes. De plus, en termes de droit fondamental à la santé, cette décision est tout autant inacceptable.»

SIDA-VIE Laval et la COCQ-SIDA disent faire cette démarche au nom du mouvement communautaire québécois de lutte contre le VIH et le sida.

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