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Trisomique et Alzheimer à 36 ans

TVA Nouvelles 

Yan a 36 ans et a une anomalie congénitale: le syndrome de Down ou trisomie 21. Il y a six ans, son comportement a beaucoup changé.

«Il ne voulait plus rien faire. C'est un jeune qui était très, très sportif, il faisait plein d'activités et il ne voulait plus, il ne bougeait plus», raconte Manon Boudriau, la mère de Yan.

Inquiète, sa mère a consulté des médecins. Le diagnostic est tombé.

«On m'a dit que probablement que c'était de l'Alzheimer ou de la démence qu'il faisait. Je voulais qu'il meure et je voulais mourir avec. C'était ça ma surprise. Il n’était pas question que je le voie se détériorer», ajoute-t-elle.

Les personnes trisomiques produisent en trop grand nombre une forme de protéine qui développe des plaques au cerveau, tue les cellules, et conduit inévitablement à l'Alzheimer.

«C'est une pathologie qui augmente, qui augmente surtout à peu près à 35 ans. On peut savoir qu'à peu près 3 à 5 fois plus de gens avec trisomie 21 ont des maladies d'Alzheimer que dans la population normale», indique le Dr André H. Dandavino, le médecin de famille de Yan.

En premier, cela se manifeste par des changements de comportement et de personnalité, moins d'empathie, un repli sur soi-même, une instabilité émotionnelle et de l'agressivité.

«Yan, l'autre jour, il m'a pognée et il a dit: "Tu restes là." Wow! Qu'est-ce que je fais? C'est là que j'ai appelé le médecin. Il avait défoncé un mur parce qu'il était fâché. C'est là qu'on l'a mis sur psychotiques», explique sa mère.

Cependant, les médicaments ont des effets secondaires.

Madame Boudriau reçoit chaque semaine l'aide de la Société Alzheimer.

«Le ministère nous permet d'offrir seulement quatre heures de service par famille, ce qui est déjà pas beaucoup», mentionne Guyane Marcoux, directrice générale de la Société d’Alzheimer du Haut-Richelieu.

Au Québec, 120 000 personnes sont atteintes d'Alzheimer. De ce nombre, 17 000 auraient moins de 65 ans.

Yan ne veut pas aller en centre d'hébergement.

«Le jour où il ne sera pas conscient, on verra où je serai rendue. Pour l'instant, il est conscient. Puis pour l'instant, je dis souvent: je vais lui laisser ma vie s'il le faut. C'est mon fils, je l'aime», conclut Manon Boudriau.

- D'après les informations d'Harold Gagné

 

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