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L’arrestation de Normandeau devancée pour coïncider avec le budget

Jean-Luc Lavallée | Agence QMI

Un enquêteur de la SQ responsable de planifier les arrestations de Nathalie Normandeau et compagnie a dû procéder à la hâte à la demande de ses «patrons», pour que l’opération ait lieu le jour du budget provincial en mars 2016.

«Je n’ai jamais su d’où venait l’ordre de faire cela si rapidement et pourquoi cette date», relate l’enquêteur affecté au projet Joug, dans une déclaration mise en preuve vendredi au procès de Nathalie Normandeau, Marc-Yvan Côté, Bruno Lortie, France Michaud, Mario Martel et François Roussy.

La déclaration lourdement caviardée, déposée par la défense, provient du rapport de l’enquêteur Michel Comeau sur les fuites médiatiques. Elle a été déposée par l’ex-maire de Gaspé François Roussy, qui a qualifié ce témoin d’«important».

Visiblement amer, l’enquêteur révèle que «le 12 mars environ», soit cinq jours avant les arrestations ultra médiatisées, on lui avait fait comprendre qu’il avait «encore 1 mois pour préparer les arrestations». Puis, tout s’est subitement bousculé.

«Le lundi matin, je sais de mes patrons que les arrestations doivent se faire le vendredi 18. Puis, pour apprendre que c’est pour jeudi le 17», peut-on lire.

Le policier qui enquêtait sur le dossier dit avoir «pris ça dur», déplorant le traitement médiatique qui s’en est suivi. «Je crois que j’ai été naïf en pensant qu’ils ne seraient pas jugés sur la place publique. J’ai même dit à (quelqu’un dont le nom a été caviardé) qui m’appelait pour me féliciter que ces gens-là ne méritaient pas ça. Ça venait me chercher au niveau de mes valeurs personnelles. Je suis un émotif. J’ai maintenant compris que ce sont des personnages publics et que ça venait avec».

Un «show médiatique», déplore Roussy

«Ça a été un show médiatique. On a fait un spectacle», a déclaré en cour M. Roussy lors de ses plaidoiries dans le cadre de la requête en arrêt des procédures de type Jordan. «Quelqu’un a décidé d’aller plus vite mais on ne sait pas pour quelles intentions. Comment se fait-il qu’on a fait des arrestations si on n’était pas prêts dans le dossiers ? Ça soulève d’énormes questions auxquelles on n’a pas de réponse.»

«C’est clair, monsieur le juge, que si on veut faire un choc médiatique, un show médiatique, que cette date-là a un impact. Ça a tellement marqué l’imaginaire des Québécois. Tout le monde se rappelle que c’était le jour du budget», a renchéri celui qui fait face, comme les autres coaccusés, à des chefs de complot, fraude, abus de confiance et corruption.

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