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Lynda Johnson: une maman à l’écoute

Gracieuseté

Dans la nouvelle et intense série «Fugueuse», elle incarne une mère qui voit sa vie de famille grandement perturbée par un drame. Maman de trois enfants, Lynda Johnson dit ne pas posséder la recette miracle pour les élever, mais elle priorise la présence, l’écoute et l’humour au sein de son petit clan.

Lynda, vous jouez Mylène dans «Fugueuse». Votre personnage vit d’énormes inquiétudes à cause de sa fille. Parlez-nous de ce rôle.

Mylène est la maman de Fanny (Ludivine Reding). Son mari, Laurent (Claude Legault), leurs trois enfants et elle forment une famille normale, sans histoire, qui vit en banlieue de Montréal. Elle travaille comme infirmière et elle se dévoue pour ses enfants. Puis, comme le nom de la série l’indique, surviendra le drame, cette cassure qui les ébranlera, les parents et toute la famille.

L’histoire de «Fugueuse» fait malheureusement écho à une réalité dont on entend trop souvent parler...

Effectivement, c’est le genre de nouvelles qu’on voit dans les journaux. Avant même de jouer Mylène, je me sentais interpellée par cette réalité, je me demandais ce que devenaient ces jeunes filles. J’espère que «Fugueuse» permettra aux gens de discuter avec leurs jeunes pour les mettre à l’abri de ces proxénètes. Parfois, on a des préjugés à l’égard de ces adolescentes: on croit qu’elles viennent de familles d’accueil ou de centres jeunesse, alors que ce n’est pas nécessairement le cas.

Les préjugés ne sont-ils pas aussi nombreux à l’égard des parents?

Tout à fait. Quand on est parent, on a le dos large, mais tout ne repose pas juste sur nos épaules. J’ai rencontré des parents très équilibrés, frappés par cette réalité. Ils nagent en plein désarroi. J’avais besoin de ce contact. J’avais besoin de parler avec des mères pour savoir comment elles s’étaient senties. Ça m’a éclairée pour certaines scènes. En même temps, le texte était tellement bien écrit que ce que les parents ressentaient me semblait clair.

Comme parents, pensez-vous que nous ne sommes à l’abri de rien?

Je crois qu’il ne faut pas être fataliste et qu’il faut maintenir la communication. Notre lien avec nos enfants commence dès leur plus jeune âge. Ce n’est pas quand ils ont 14 ans qu’on va en créer un. Dès qu’ils sont petits, il faut être attentif à eux, être présent pour eux, les soutenir et les encourager. C’est un lien qui se poursuit au fil des ans, qui se tisse. L’adolescence est une période difficile, de vulnérabilité, de remises en question.

Vous êtes mère. Avez-vous réussi à suivre le rythme d’évolution de vos trois enfants?

Notre rôle comme parent évolue, on est constamment en adaptation, et c’est plus vrai que jamais. Mes enfants ont 16, 14 et 9 ans; je suis donc rendue avec deux ados à la maison. Ils sont de beaux miroirs. C’est «confrontant», mais je crois qu’il faut allier ouverture et fermeté. Ils peuvent ébranler nos valeurs avec une phrase du type: «Mais tout le monde en a!» ou encore: «Tout le monde le fait!»

Comment réussissez-vous à conserver l’harmonie familiale?

Il faut offrir un certain encadrement et garder nos positions, tout en restant ouvert à notre jeune et en lui faisant confiance. Comme je le dis toujours à mes enfants, la liberté est égale à la confiance. Ils doivent me montrer que je peux leur faire confiance; c’est ainsi que leur liberté peut s’accroître. Il est parfois aussi nécessaire d’ajouter de l’humour dans nos relations, pour apprendre à nos jeunes l’autodérision, car ça peut vite devenir conflictuel. Un peu de légèreté peut contrer l’intensité dont les adolescents font preuve à certains moments. La communication est aussi essentielle. Lorsque j’ai rencontré les mères de filles qui ont fugué, elles me disaient qu’il ne faut pas couper les liens. Il faut le préserver.

En quoi ressemblez-vous à votre personnage?

J’essaie de me projeter et j’imagine que j’aurais la même détermination que Mylène et que je ferais comme elle. Elle travaille et elle s’occupe de sa famille. Ça se rapproche de ma réalité, de mon quotidien.Même si les enfants ont grandi, la famille est-elle restée votre priorité?

Oui, c’est sûr. Je trouve qu’à l’adolescence, nos enfants ont encore plus besoin de nous. Ils ont besoin de notre écoute et de nos encouragements. C’est un job à temps plein!

Êtes-vous fière de la mère que vous êtes?

Je pense que oui. En fait, je n’en suis pas encore à faire ce genre de bilan, je n’ai pas pris ce genre de recul. Je dirais surtout que je suis souvent fière d’eux. Je vois où ils en sont rendus. De là à dire que je suis une bonne mère, je ne sais pas. Je remets souvent des choses en question. Nous en parlons souvent, mon chum et moi. Parfois nous avons les mêmes points de vue, parfois non. J’aurais besoin de réfléchir à la question. Je devrais le demander à mes enfants...

Durant l’adolescence de nos enfants, est-ce plus difficile de répondre à cette question?

En fait, c’est une période durant laquelle il y a moins de reconnaissance de la part des enfants. Lorsqu’ils sont jeunes, les «Je t’aime, maman!» fusent pour des petits détails. À l’adolescence, on a parfois l’impression d’entendre plus souvent des soupirs et des «Vous ne comprenez rien...» (rires) Comme le disent tous les parents, la reconnaissance est quelque chose qui revient avec le temps. Je le vois avec mon plus vieux, qui peut m’embrasser pour me remercier d’avoir fait son lavage. Je ne fais pas les choses pour recevoir la reconnaissance de mes enfants, mais ça fait partie des valeurs que nous souhaitons leur transmettre.

Entre votre rôle de mère et votre travail, arrivez-vous toujours à atteindre un équilibre satisfaisant?

De façon générale, oui. J’essaie d’être à l’écoute. Lorsque je constate que je suis en déséquilibre, je tente de prendre du recul. Je vous dirais que l’équilibre entre ma vie familiale et mon travail a été moins facile à atteindre depuis le printemps dernier. Quand ça m’arrive, j’en parle avec mon chum et avec les enfants. En septembre, j’ai eu juste quatre jours de congé.

Comment composez-vous avec ces horaires surchargés?

J’ai dit à ma famille que nous allions nous revoir au début octobre. Je blague à ce sujet, ça aide à mieux faire passer la chose. Ce sont des périodes arrêtées dans le temps. En octobre, nous avons pris un moment en famille pour nous retrouver. Nous sommes allés une semaine en vacances. Il y avait comme une récompense au terme de cette période où j’étais moins présente. Comme femme et comme actrice, j’ai besoin de ces périodes occupées. J’adore mon travail et je pense que ma famille le comprend. Je n’ai pas des horaires réguliers, et tout le monde en est conscient, mais je m’assure de toujours trouver du temps pour ma famille.

Quels sont vos autres projets professionnels?

J’ai récemment terminé une tournée au théâtre et j’ai fini les tournages de «O’». Les épisodes sont diffusés jusqu’en mars.

Retrouvez Lynda Johnson à TVA, dans les séries «Fugueuse», le lundi à 21 h, et «O’», le mardi à 20 h.

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