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Congrès

Véronique Hivon prend du galon et devient vice-cheffe du Parti québécois

Marc-André Gagnon

 - Agence QMI

Bon troisième dans les sondages, le chef péquiste Jean-François Lisée a décidé de se coller à la députée Véronique Hivon, en la nommant vice-cheffe du Parti québécois.

M. Lisée en a fait l’annonce devant ses militants réunis en Conseil national à Saint-Hyacinthe, dimanche après-midi. Il promet de faire de sa nouvelle vice-cheffe la vice-première ministre du Québec, si le Parti québécois remporte les prochaines élections.

Il s'agit d'une première pour le Parti québécois, qui a de quoi rappeler la formule de Québec solidaire, qui est dirigé depuis sa fondation par deux porte-parole.

C’est «le début d’une nouvelle expérience», a déclaré M. Lisée.

«Ça fait longtemps que j’y pense. Depuis que je suis devenu chef, en fait et plus activement depuis le congrès», a raconté M. Lisée devant ses militants.

En «cette année de la femme», le choix de Mme Hivon semble s’être imposé pour M. Lisée.

«Il fallait choisir quelqu’un qui est naturellement proche des gens, et qui démontre hors de tout doute un souci constant et sincère pour leur bien-être, a fait valoir le chef du PQ. [...] Quelqu’un qui sait travailler en équipe et qui a déjà su mener des dossiers complexes.»

«Lisée-Hivon 2018»

M. Lisée souhait aller de l’avant avec ce changement à la gouvernance de son parti peu de temps après le dernier congrès, mais Mme Hivon l’a convaincu d’attendre au début de l’année électorale.

«On est très différents et on s’engage à le rester, et il va arriver qu’on dise des choses différentes», a-t-il prévenu.

«Je pense que les journalistes vont adorer ça», a ajouté Mme Hivon.

La rumeur à l’effet que Mme Hivon prendrait du galon au sein du Parti québécois courait depuis déjà quelques jours. Lors du caucus présessionnel de l’opposition officielle, qui se déroulait à Shawinigan, la semaine dernière (elle est aussi la députée marraine de la Mauricie), Mme Hivon s’était rangée aux côtés de M. Lisée et de l’ex-député Camil Bouchard pour annoncer des engagements en matière de famille et de services de garde.

Ex-candidate à la chefferie

Mme Hivon avait affronté Jean-François Lisée lors de la course à la chefferie du Parti québécois, en mai 2016. Elle avait lancé sa campagne une semaine après la démission de Pierre Karl Péladeau, sous le thème de la confiance, pour finalement abandonner, trois mois plus tard, en raison de problèmes de santé.

Mme Hivon a d’ailleurs repris abondamment son ancien thème de campagne dans sa première allocution à titre de vice-cheffe. «Nous serons porteur de l’espoir et du changement» a-t-elle martelé en soulevant l’enthousiasme des militants péquistes.

En 2007, Mme Hivon avait été l'adversaire de Philippe Couillard dans la circonscription de Jean-Talon. Celui qui est depuis devenu chef libéral puis premier ministre l’avait emporté avec une majorité de près de 4000 voix sur Mme Hivon.

L’avocate a finalement été élue en 2008, dans le comté de Joliette. Sous la gouverne de Pauline Marois, elle a notamment été ministre déléguée aux Services sociaux et a longtemps porté le dossier «mourir dans la dignité».

«Une bonne chose»

Un an après la remise de son rapport «Osez repensez le PQ», Paul St-Pierre Plamondon voit la nomination de Mme Hivon à titre vice-cheffe d’un œil positif.

«C’est une bonne chose», a confié le candidat péquiste dans Prévost, peu de temps avant que M. Lisée en fasse l’annonce.

«On voit que le Parti québécois a l’esprit d’innovation», s’est-il réjouit. Il nie toutefois qu’il s’agit d’une façon, pour le Parti québécois, de se coller au modèle de Québec solidaire.

«De mettre en valeur la force de cette équipe-là de plusieurs manières, moi je vois juste ça positivement, je ne vois pas de lien avec d’autre formation politique.»