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Gallant devait être nommé à la place de Lafrenière à la tête de l’UPAC, dit Zambito

Jean-Luc Lavallée | Agence QMI

L’arrestation précipitée de Nathalie Normandeau a forcé la main du cabinet de Philippe Couillard qui a écarté la candidature de Me Denis Gallant à la tête de l’UPAC pour prolonger le mandat de Robert Lafrenière, soutient Lino Zambito.

Selon le témoin vedette de la commission Charbonneau, qui a été assigné par la défense mercredi matin au procès pour fraude de Nathalie Normandeau et Marc-Yvan Côté, le procureur en chef de la commission, Me Gallant, était sur «la short list» pour le poste de commissaire de l’UPAC.

«M. Gallant avait été recommandé en tête de liste (...) Finalement, c’est l’entourage du premier ministre qui a renouvelé le mandat de M. Lafrenière. Quand M. (Martin) Coiteux s’est fait imposer le choix de M. Lafrenière, il n’était pas content et il a dit : vous allez vivre avec votre décision», a-t-il relaté lors de son témoignage.

Questionné par l’avocat de l’ex-ministre libéral Marc-Yvan Côté, Me Jacques Larochelle, Lino Zambito – qui est arrivé au palais de justice de Québec sous escorte policière – a affirmé que l’information provient du député Guy Ouellette.

L’arrestation hâtive de Nathalie Normandeau, selon lui, a permis au grand patron de l’UPAC de justifier son renouvellement à la tête de l’organisation.

«C’est évident. On n’a pas voulu l’avouer pendant un an et demi et puis finalement, le chat est sorti du sac la semaine dernière. C’était un calcul. M. Lafrenière a mis à genoux les libéraux. J’aurais été surpris qu’au lendemain de l’arrestation de Mme Normandeau, M. Lafrenière soit mis à la porte», a-t-il observé.

«Depuis le début, on cherche quelques boucs émissaires pour essayer de faire baisser la pression. Les gens qui ont mis en place la collusion ou la corruption, que ça soit à Montréal ou au ministère des Transports, je ne les ai pas vus menottés encore.»

Fuites dans les médias

Questionné sur les fuites policières dans les médias, qui sont à l’origine de la requête en arrêt des procédures au procès Normandeau-Côté, M. Zambito a déclaré qu’il avait suggéré aux enquêteurs de la SQ de mettre sous écoute Robert Lafrenière et l’ancien chef de cabinet du premier ministre Couillard, Jean-Louis Dufresne.

Les enquêteurs lui auraient répondu avec un «sourire», a-t-il ajouté, laissant sous-entendre qu’ils jugeaient sa «théorie» plausible. M. Zambito a toutefois reconnu qu’il ne pouvait identifier l’origine des fuites avec certitude et a nié avec vigueur en être lui-même l’auteur.

Guy Ouellette devra témoigner

La défense a par ailleurs annoncé son intention d’assigner comme témoin le député libéral Guy Ouellette jeudi après-midi. Le juge André Perreault, qui a étudié la demande de Me Larochelle, s’est d’abord assuré que le député de Chomedey ne soit pas requis à l’Assemblée Nationale en commission parlementaire. Il a autorisé l’émission d’un subpoena en fin de matinée.

Rappelons que Nathalie Normandeau, Marc-Yvan Côté, Mario Martel, Bruno Lortie, France Michaud et François Roussy font face à divers chefs d’accusation de fraude, complot, abus de confiance et corruption. Ils ont été arrêtés lors d’une frappe policière de l’UPAC en mars 2016, le jour même du dépôt du budget provincial.

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