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«Je n’ai pas envie de me battre contre le destin» - François Arnaud

 - Agence QMI

En quelques années seulement, François Arnaud est devenu un des comédiens québécois les plus en vue aux États-Unis. La tête d’affiche de la série américaine Midnight, Texas, qui cumule les projets à l’étranger depuis son départ de Yamaska, en 2009, fait un retour dans une première production québécoise en neuf ans, le film Origami. L’acteur nous donne de ses nouvelles.

François, vous incarnez le rôle principal de Manfred, un médium, dans la série américaine Midnight, Texas, basée sur la série de romans du même titre de l’auteure Charlaine Harris (True Blood). Qu’est-ce qui vous attirait chez ce personnage?

J’aime que Manfred soit un peu brisé. Il n’est pas un personnage principal typique. Il est davantage fragile et sensible, mais il se sert beaucoup de son sens de l’humour pour affronter des situations très sombres.

Son interprétation représentait-elle un défi pour vous?

Oui. Le défi était d’aborder les pouvoirs surnaturels du personnage d’un point de vue humain. Et c’est là que la principale faille de Manfred joue un rôle. C’est son hypersensibilité qui l’amène à sentir ce que les autres ne voient ou n’entendent pas.

J’ai rencontré quelques voyants dans le but de me familiariser avec l’aspect physique et le rituel d’une séance au cours de laquelle on conjure les esprits. Toutefois, il faut comprendre que c’est une série fantastique, pas un documentaire. Mais j’ai décidé d’insister sur l’aspect douloureux des possessions. J’ai voulu rendre une situation surnaturelle de la façon la plus réaliste possible.

Comment s’est déroulé le tournage?

Comme n’importe quelle série où un des personnages principaux est un vampire, plusieurs scènes devaient être tournées durant la nuit. Nous avons tourné au Nouveau-Mexique en hiver; le jour, il fait plutôt chaud, mais comme c’est un désert, la température baisse de façon assez radicale une fois la nuit venue. Nous avons même eu droit à de la neige. Et comme la série prend place au Texas, je devais rester en t-shirt!

La première saison a connu un beau succès lors de sa diffusion à l’été 2017, à NBC. La série reviendra-t-elle pour une seconde saison?

Il est trop tôt pour le confirmer, mais une annonce devrait être faite très bientôt!

Vous vous êtes joint à la quatrième saison de la série américaine UnREAL (RéelleMENT). Parlez-nous de votre personnage.

Tommy est un producteur habitué aux jeux télévisés et aux épreuves de force. C’est en raison de son expérience qu’on fait appel à lui. Son rôle est d’apporter une nouvelle énergie à Everlasting, l’émission de téléréalité produite par Rachel (Shiri Appleby) et Quinn (Constance Zimmer). Tommy entretient une relation extrêmement compétitive avec Rachel. Il est en quelque sorte son alter ego masculin. Il est ambitieux, manipulateur et prêt à tout. Les deux tombent rapidement dans un jeu de séduction très malsain où ils tentent constamment de prouver à l’autre qu’ils sont plus machiavéliques que la veille. Ça semble drôle à faire, mais c’est parfois assez troublant. J’en suis à mes derniers jours de tournage sur cette série.

Est-ce différent ou stressant d’intégrer une équipe déjà bien en place?

C’est particulier. Les quatre acteurs principaux travaillent ensemble depuis trois ans et ont une dynamique bien établie sur le plateau. Et les personnages sont tellement féroces. J’ai pris un peu de temps à m’y faire. Mais finalement, j’ai réalisé que mon personnage était un peu dans la même situation, donc ç’a servi à l’histoire.

Vous êtes la tête d’affiche du film Origami, de Patrick Demers, qui sortira en salle le 27 avril. Que pouvez-vous nous dire sur cette production plutôt mystérieuse?

C’est une histoire vraiment particulière. Je dirais que c’est à la fois un film de science-fiction et un drame psychologique. J’interprète un personnage hanté par son passé et son futur. Normand D’Amour joue son père. Le film a été très bien reçu au festival Fantasia. Je sais que, maintenant, les gens veulent tout savoir sur un film avant d’aller le voir, mais dans ce cas-ci, je pense vraiment qu’il a plus de punch si on en sait le moins possible.

Quels projets vous occuperont au cours des prochains mois?

Je tournerai bientôt dans le film indépendant Butterfly in the Typewriter, qui raconte l’histoire vraie de l’auteur John Kennedy Toole. Je ne sais pas exactement quand le tournage commencera, puisque le film a une distribution impressionnante qui est difficile à réunir. Il faut demander à Susan Sarandon; peut-être qu’elle en sait plus que moi. (rires) J’ai aussi terminé mes scènes du film indépendant She’s in Portland. Ç’a été une super expérience. Nous avons fait un vrai road trip sur la côte californienne. L’histoire est inspirée de la vie du réalisateur Marc Carlini. C’est une histoire d’amitié entre gars qui aborde toutes les difficultés engendrées par l’honnêteté et la vulnérabilité. Mon personnage part dans une quête amoureuse un peu naïve. ll rêve encore de la fille à qui il n’a jamais osé déclarer son amour, et son ami le prend un peu en charge et le force à abandonner son cynisme. C’est vraiment un road movie sur l’amitié, l’amour, le party et ce qui vient après. Tommy Dewey est un formidable partenaire de jeu. On ne se connaissait pas, mais je pense bien qu’à l’écran on aura l’air de deux vieux potes.

Après avoir percé chez les Américains, tenterez-vous votre chance en France?

J’ai déjà tourné un peu avec les Français. J’ai notamment joué dans le film Enragés, avec Lambert Wilson et Virginie Ledoyen. Malheureusement, il est un peu passé inaperçu au Québec, mais je pense qu’il mérite d’être vu. J’ai passé beaucoup de temps en famille en France lorsque j’étais enfant et adolescent. J’ai toujours pensé qu’une carrière internationale m’emmènerait en France avant les États-Unis. Surtout que le cinéma européen se rapproche beaucoup plus de mes goûts personnels. Mais bon, je n’ai pas envie de me battre contre le destin. Mais si des opportunités se présentent, je vais certainement en profiter.

Souhaitez-vous écrire ou réaliser votre propre projet?

J’y pense souvent. Mais je bloque à l’étape de l’écriture. Je suis devenu acteur parce que j’ai plein de choses à dire, mais aussi parce que j’ai besoin des mots des autres. Mais on en reparlera l’année prochaine!

Où habitez-vous actuellement?

À New York, mais je vais à Los Angeles de temps à autre. J’ai la chance de voyager un peu partout dans le cadre des projets auxquels je participe. Mais j’avoue que le Québec me manque. Surtout parce que mes amis les plus proches et ma famille y sont. Mais aussi parce que j’aimais bien vivre en français. Mais je viens souvent au Québec, et la technologie, même si elle est parfois angoissante, permet de rester proche même quand on est loin.

Quelles sont vos autres passions? Qu’est-ce qui vous occupe lorsque vous n’êtes pas sur un plateau de tournage?

Je viens de redécouvrir ma passion pour le ski. Je suis obsédé. Je viens de m’acheter un nouvel équipement et je vais essayer d’en faire le plus souvent possible. J’avais oublié à quel point j’aimais ça.

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