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L'ALENA doit mieux protéger les exclus de la vague technologique, dit Trudeau

Le premier ministre Justin Trudeau a affirmé vendredi que les États-Unis comme le Canada devaient mieux protéger ceux qui avaient souffert de la mondialisation et de la technologie et que la renégociation de l'ALENA devait en tenir compte.

«La vague d'innovation technique» notamment dans la Silicon Valley où il s'est rendu jeudi «peut s'avérer une force positive et transformative pour les Nord-Américains», a déclaré le chef du gouvernement canadien lors d'un discours à la Ronald Reagan Presidential Library, en banlieue de Los Angeles.

«Mais nous ne pouvons pas permettre à cette vague de submerger les travailleurs et leurs familles, c'est quelque chose dont nous pouvons et devons discuter dans le cadre de la modernisation et de l'amélioration de l'ALENA», le traité de libre-échange nord-américain.

Devant l'assemblée de la Reagan Library et en rendant hommage à l'optimisme de l'emblématique président républicain des années 80, Justin Trudeau a plaidé pour un meilleur partage des richesses face à la hausse des inégalités économiques, et appelé à «aider plus ceux dont les vies ont été bousculées par les changements économiques mondiaux» et la mondialisation, «y compris par l'automatisation et le changement technologique» qui éliminent de plus en plus d'emplois.

Ironisant sur le fait que beaucoup décrivent son gouvernement progressiste aux antipodes de l'administration conservatrice du magnat de l'immobilier, M. Trudeau a souligné que «le président Trump et moi sommes d'accord sur le fait que trop de gens ont été laissés derrière alors même que nos économies prospéraient».

Il a insisté sur le fait que l'ALENA n'est pas «une partie de hockey» avec un gagnant et un perdant et que le traité commercial a bénéficié au Canada comme aux États-Unis et au Mexique.

Les négociateurs ont déjà clos trois chapitres de discussion tandis que restent les problèmes les plus difficiles à régler, comme «les règles d'origine des produits dans l'industrie automobile».

Mercredi le premier ministre canadien avait déclaré à Chicago que son pays était prêt à se retirer de l'ALENA si les renégociations actuelles ne débouchaient pas sur un accord satisfaisant pour les Canadiens.

Ces propos arrivent après un nouveau round de négociations entre les États-Unis, le Mexique et le Canada à Montréal pour redéfinir cet accord commercial en vigueur depuis 1994 et notamment qualifié «de mauvaise blague» par Donald Trump.

Le président américain a déjà menacé de retirer les États-Unis de l'ALENA, mais les dernières discussions entre les trois pays se sont finies le 29 janvier sur une note optimiste.

«Il est d'une importance vitale que nous bâtissions sur ces avancées» et de ne pas «reculer par rapport aux progrès réalisés avec des efforts extraordinaires par nos pays» lors des décennies passées «en érigeant de nouvelles barrières», a conclu le chef du gouvernement canadien.

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