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Épuisé, il aurait tué son frère malade

Wooden judges gavel on wooden table, close up

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Épuisé de s’occuper de son frère atteint de démence, un sexagénaire montréalais qui aurait tué celui-ci dans un moment d’exaspération veut recouvrer sa liberté en attendant son procès.

«Tout ce que j’avais au monde, c’était mon frère. [...] Je n’avais aucune raison de tuer mon frère», a laissé tomber Robert Dubuc vendredi devant le juge André Vincent, de la Cour supérieure.

L’homme de 64 ans souhaite sortir de prison d’ici à son procès pour le meurtre non prémédité de son «petit frère» Richard, âgé de 62 ans.

Le 5 octobre dernier, l’accusé aurait perdu patience envers la victime pour une raison n’ayant pas été spécifiée vendredi, au palais de justice de Montréal.

«Une erreur»

«Mon frère fait de la démence. Ça allait mal. Je l’ai rentré dans un mur. J’ai fait une erreur», aurait-il dit au répartiteur du 9-1-1.

Robert Dubuc vivait à Montréal-Nord avec lui depuis quatre ans. Il «était à son entier service», a-t-il dit, ajoutant que Richard souffrait de démence et de schizophrénie, notamment.

Ce dernier était incapable de s’habiller ou de se laver seul. L’homme au physique chétif n’était pas en mesure de cuisiner et avait des problèmes d’incontinence, ce qui était une source de conflit entre les deux frères.

D’après les témoignages de voisins relatés par la Couronne, les chicanes étaient fréquentes.

Le soir du décès de Richard Dubuc, des voisins l’auraient entendu implorer son frère de cesser de le frapper. Lorsque les paramédicaux sont arrivés, la victime était inconsciente dans son lit. Richard Dubuc est décédé dans la nuit.

Alcool

«Je l’ai pris par la face et je l’ai rentré dans le mur. J’ai perdu patience», aurait dit Robert Dubuc aux policiers. L’accusé dégageait une forte odeur d’alcool.

Vendredi, le sexagénaire a expliqué au tribunal que l’état de son frère s’était dégradé après un changement de médication dans les mois précédant le drame.

«C’est là que je l’ai perdu. Peut-être que j’ai pris un verre de trop pour compenser, mais je n’ai rien fait d’intentionnel», a-t-il soutenu.

La Couronne s’oppose à la remise en liberté de Robert Dubuc en raison de la gravité du geste allégué. «Il a frappé [son frère] jusqu’à ce qu’il ait un traumatisme crânien. C’était une personne vulnérable, sous son entière responsabilité», a plaidé Me Jasmine Guillaume.

La défense est d’avis que les faits s’apparentent à un homicide involontaire.

«Je pense qu’un public bien informé [...] trouverait le cas pathétique et ne serait pas offusqué par une remise en liberté», a dit Me Louis Miville Deschênes.

Le juge Vincent tranchera lundi.

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