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«La Voix», un tremplin vers l’international

Samuel Pradier | Agence QMI

Sébastien St-Jean / Agence QMI

Gagner «La Voix» permet de lancer une carrière très rapidement, mais réussir à se démarquer du lot est encore mieux. Plusieurs anciens candidats, et pas forcément les gagnants, arrivent à faire reconnaître leur talent à l’étranger et tissent des liens en vue d’une carrière internationale.

Charlotte Cardin est certainement la plus emblématique des anciens de «La Voix» qui sont promus à une reconnaissance internationale. Après avoir participé à l’émission en 2013, elle a pris son temps pour sortir son premier EP, trois ans plus tard. Le succès ne s’est pas démenti avec la sortie de son second mini album en 2017.

Le festival d’été de Québec marque un tournant important pour elle, alors qu’elle se retrouve en première partie de Sting et de Peter Gabriel sur les plaines d’Abraham. «Je me suis beaucoup fait parler de ce spectacle, même aux États-Unis, a confié la chanteuse quelques mois plus tard à «Salut Bonjour». C’était incroyable.»

Depuis, la chanteuse de 23 ans continue de se promener à travers le monde, avec des escales ponctuelles au Québec. Elle sera d’ailleurs, à guichet fermé, à L’impérial de Québec, du 15 au 17 mars 2018. Même Elton John a vanté son talent dans une émission à la BBC.

Prendre son temps

Dans la même veine, Matt Holubowski a mis plus d’un an entre la fin de l’émission et la sortie de son album «Solitudes». Depuis, il tourne à travers le Québec avec son premier show. Ce printemps, c’est l’Angleterre, l’Allemagne, l’Irlande, la France, la Belgique et les Pays-Bas qui sont à son agenda, alors qu’il va assurer la première partie de Ben Folds. Le chanteur étudie même la possibilité de vivre quelques mois en Europe, histoire de s’inspirer de l’air du temps pour composer de nouvelles chansons.

Geoffroy, qui a participé à «La Voix» en 2014, a lui aussi pris le temps de définir son univers et de composer ses chansons avant de sortir son propre matériel. Son premier album «Coastline», sorti l’an dernier, a été remarqué autant par la critique que par le public. Il a été en nomination pour le Prix Polaris. Son nom circule beaucoup dans le milieu. En 2017, il a été nommé Nouvel artiste préféré d’Apple Music et a participé au Midem en France, avant de signer un contrat avec l’agence française Allo Floride.

Les maisons de disque restent à l’écoute des artistes qui participent à des émissions comme «La Voix». Trois ans après sa participation à l’émission, Gabrielle Shonk a signé un contrat avec la multinationale Universal et vient de sortir, en septembre dernier, son premier album bilingue.

Si sa participation à «La Voix» et son ascension à l’international n’ont aucun lien, selon son agent, l’émission aura toutefois provoqué un déclic. «Je ne suis pas restée longtemps dans l’émission. Mais quand je suis sortie, ça m’a motivée à travailler encore plus fort sur mon projet», a-t-elle déjà expliqué. Aujourd’hui la chanteuse vise l’international et a déjà commencé les démarches auprès des marchés américain et européen.

Une exception

Alexe Gaudreault est l’une des premières à s’exporter outre-Atlantique, et c’est aussi la seule qui chante en français. «On a commencé à travailler le marché, il y a quelques mois, a-t-elle raconté en entrevue. On a sorti une première chanson «Mirage» qui, dès la première semaine, est entré sur le réseau NRJ et ensuite sur plusieurs grosses radios en province. On m’a dit que la dernière à avoir eu un retour aussi rapide était Cœur de pirate.»

La chanteuse a ensuite lancé une seconde chanson qui semble suivre le même chemin, ce qui lui a permis de signer avec une maison de disque française, Wagram. «On a fait une semaine de promo en radio en décembre. On a choisi d’y aller un extrait à la fois pour commencer.» Elle insiste pour dire que si «La Voix» donne une visibilité, il faut surtout travailler ensuite pour définir son univers et son projet.

«Je retourne la semaine prochaine en France pour une session d’écriture avec la Socan. Je vais travailler avec Rose et Renan Luce notamment.» Alexe est prête à faire des allers-retours pour que sa carrière décolle, d’autant plus qu’elle peut désormais emmener son chihuahua avec elle dans l’avion.

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