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Un propriétaire de pitbull rejette la faute sur une enfant de 7 ans

Un homme de Brossard accusé de négligence criminelle après que son pitbull a défiguré une fillette de 7 ans a semblé rejeter la faute sur l’enfant lors de son procès.

Karim Jean-Gilles, qui se défend seul, a laissé sous-entendre hier que Vanessa Biron pourrait avoir provoqué son chien.

«Par rapport à l’événement, je ne sais pas s’il a été provoqué ou s’il est totalement accidentel. Je n’ai pas vu la situation. Je remettrais ça en question», a avancé l’homme de 35 ans dans une plaidoirie laconique et parfois incohérente.

Le procès de Karim Jean-Gilles a été très éprouvant pour parents de la petite Vanessa Biron, Magdalena et Bernard (sur la photo).

Cette affirmation a fait sursauter les parents de la fillette présents au tribunal.

«Je sais qu’il n’y a pas eu de provocation. Ma femme était présente et je connais mes enfants. Ils ne se seraient pas approchés de gros chiens», a affirmé Bernard Biron en sortant de la salle d’audience du palais de justice de Longueuil.

«[L’accusé] ne se soucie pas vraiment des autres. On pourrait le qualifier de sociopathe», a-t-il mentionné.

Le 20 septembre 2015, la petite Vanessa Biron s’est rendue au parc Marquise, à Brossard, avec sa mère et sa sœur cadette.

La mère de Karim Jean-Gilles, âgée de 70 ans, s’y trouvait également avec les deux chiens de son fils, sans laisses ni colliers.

Sans raison apparente, le pitbull s’est rué sur la petite Vanessa, la projetant au sol, pendant que le bullmastiff tournait autour d’eux en jappant agressivement.

Le chien a mordu la fillette au visage et l’a traînée sur une distance de trois mètres.

Bouclier humain

La mère de Vanessa a tenté de la protéger en utilisant son propre corps comme bouclier.

Accusé de négligence criminelle causant des lésions, M. Jean-Gilles n’a pas donné sa version des faits, mais il a fait valoir des arguments au juge Pierre Bélisle hier.

«Je n’ai jamais voulu que quoi que ce soit arrive à quiconque», a-t-il noté.

L’accusé a souligné que son pitbull et son bullmastiff n’ont jamais attaqué un autre humain. À l’exception d’un chien du voisinage, ils n’ont mordu personne, a-t-il dit.

Devoir moral

Pour la Couronne, il est pourtant clair que le propriétaire des animaux a été négligent, même s’il n’était pas présent au moment de l’attaque.

D’après Me Claudie Gilbert, M. Jean-Gilles savait que ses chiens pouvaient être dangereux et qu’ils pouvaient se sauver de la cour arrière de la résidence, ce qu’ils avaient fait à de nombreuses reprises par le passé.

«Qu’est-ce qu’il a pris comme mesures raisonnables pour s’assurer que cet événement n’arrive pas ? Rien du tout», a martelé la procureure.

S’il est déclaré coupable, Karim Jean-Gilles s’expose à une peine maximale de 10 ans de détention.

Le père de la fillette espère une condamnation

Le propriétaire du pitbull ayant mordu une fillette de 7 ans à Brossard prendra davantage conscience des conséquences s’il est reconnu coupable au criminel, croit le père de la victime.

«J’espère qu’il sera [déclaré] coupable en premier lieu. La durée de sa sentence, rendu là, je m’en fiche», a déclaré Bernard Biron, en parlant de Karim Jean-Gilles.

Sa fille aînée, Vanessa, a été défigurée par le chien de M. Jean-Gilles au parc Marquise, à Brossard, le 20 septembre 2015.

Message clair

En marge du procès du propriétaire du pitbull pour négligence criminelle ayant causé des lésions, le père de la fillette a indiqué aux médias hier qu’il aimerait que Karim Jean-Gilles soit condamné pour envoyer un message clair à la population.

«Ça pourrait allumer des lumières, faire réfléchir les propriétaires de chiens. [Ils ne s’exposent] pas juste à des tickets, ils peuvent être reconnus coupables criminellement», a-t-il souligné, au palais de justice de Longueuil.

«Ça pourrait inciter d’autres gens à clôturer la cour de leur maison. Ce jugement pourrait amener beaucoup de bonnes choses» a-t-il poursuivi.

À Montréal

A contrario, Bernard Biron s’est dit «très déçu» que la mairesse de Montréal, Valérie Plante, ait suspendu le règlement sur l’interdiction des pitbulls «sans y avoir réfléchi».

«Il y a eu des morts et c’est toujours des pitbulls», a déploré le père.

En décembre dernier, la mairesse a retiré temporairement les pitbulls de la liste de chiens interdits. L’administration Plante souhaite étudier davantage le dossier avant de donner suite aux modifications du règlement sur le contrôle des animaux adoptées sous le règne de Denis Coderre.

Dans l’intervalle, les Montréalais ont jusqu’au 4 mars pour s’exprimer sur la question, soit par un sondage accessible en ligne ou lors d’assemblées citoyennes qui seront tenues dans chaque arrondissement.

Quant à la ville de Brossard, où a eu lieu l’agression de la petite Vanessa, il est interdit se procurer un pitbull depuis l’été 2016. Ceux qui en possédaient déjà un doivent dorénavant se conformer à plusieurs conditions.

Le juge Bélisle rendra son verdict demain.

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