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Un premier rôle surprenant pour Jean-François Ruel

Courtosie/Marlène Gélineau-Payette

Jean-François Ruel était convaincu, après avoir passé l’audition pour le rôle de Damien dans la série «Fugueuse», qu’il n’aurait pas le rôle. «J’avais l’impression de ne pas avoir été très bon», confie-t-il.

Quelques jours après cette audition, il recevait, à son grand étonnement, un appel lui confirmant qu’il avait été choisi pour se glisser dans la peau de ce «rappeur» impliqué dans un groupe qui exploite sexuellement des jeunes filles.

«J’étais convaincu que ma performance n’avait pas été exceptionnelle. Je ne m’y attendais tellement pas», indique celui qui fait partie, dans la vraie vie, du collectif hip-hop Dead Obies, sous l’identité de Yes McCan.

Jean-François Ruel a participé à trois scènes lors de son audition qui a eu lieu le printemps dernier. Il a joué le Damien super charmant, celui qui est très manipulateur et le Damien très violent. «C’était ma première audition à vie et j’étais un peu déstabilisé. Je m’étais préparé d’une certaine manière, mais je ne savais pas comment ça allait se dérouler. C’était assez intimidant», dit-il.

Plus jeune, lorsqu’il a fréquenté la polyvalente Sacré-Cœur et l’école Joseph-Hermas-Leclerc à Granby, Jean-François Ruel était absorbé par le théâtre et l’improvisation. Une passion qu’il a mise de côté vers la fin de l’adolescence. Il avoue avoir plus une formation d’acteur que de musicien. C’est ce qu’il souhaitait faire plus tard.

Un personnage réaliste

Pour bâtir ce personnage machiavélique, Jean-François Ruel a travaillé avec les textes, les conseils du réalisateur Éric Tessier et il a aussi beaucoup regardé autour de lui. «Je n’ai pas été rencontrer des ¨pimps¨ sur la rue», précise-t-il toutefois en riant.

Le rappeur a essayé d’imaginer qui était Damien et comment il réfléchissait. «J’ai lu un livre du comédien Norman Mailer qui utilisait les multiples faces d’un diamant pour la création d’un personnage. Pour bâtir un personnage de dictateur, si tu n’as pas d’amis dictateurs autour de toi, il y a peut-être ton ami joueur de football qui a des traits de personnalité qui pourraient fonctionner pour ce personnage-là. Tu prends sa lumière à lui et tu la fais refléter dans une autre direction. On voulait que les personnages soient très réalistes et avoir l’impression qu’ils existent», dit-il.

Damien est un rappeur, mais également un proxénète qui utilise Fanny pour arriver à ses fins. Cet amalgame entre la musique hip-hop, les gangs de rue et l’exploitation sexuelle n’a pas dérangé Jean-François Ruel au moment d’accepter le rôle. «Damien attire Fanny par la musique. Ça n’aurait pas été réaliste que ça se déroule dans le milieu de la musique folk», plaide-t-il.

Jean-François Ruel précise que ses connaissances en musique ont été utiles sur le plateau de tournage.

«On voulait, par exemple, au départ, qu’il rappe et qu’il joue de la guitare dans un groupe. Un rappeur qui ¨pimpe¨ des filles, ça ne joue pas d’un instrument. J’ai aussi donné des conseils sur l’habillement, le décor du loft et la disposition de l’équipement lors des performances. Je ne voulais pas que les gens du milieu disent que c’est une version javellisée d’un rappeur», a-t-il lancé.

Au surplus, cette expérience pour la série «Fugueuse» lui a donné le goût de poursuivre dans cette direction.

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