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L’Institut économique de Montréal déplore «les promesses brisées»

MATTHEW USHERWOOD/AGENCE QMI

Le gouvernement Trudeau «n'a pas respecté ses engagements» et devra maintenant faire preuve de prudence, estime l’Institut économique de Montréal (IEDM) à l’approche du budget fédéral dévoilé mardi prochain.

L’IEDM est d’avis qu’Ottawa a «systématiquement trahi ses promesses fiscales depuis son arrivée au pouvoir». L’organisme donne en exemple le déficit qui devait être de 10 milliards $ en 2016-2017 et 2017-2018 et qui est, selon le plus récent énoncé économique, de 17,8 milliards $ et 19,9 milliards $, respectivement.

«Ottawa n'a plus de marge de manœuvre et doit maintenant s'en créer une afin de pouvoir réagir au contexte économique», a expliqué Mathieu Bédard, économiste à l'IEDM dans un communiqué, soulignant la «position délicate» dans laquelle est le ministre des Finances, Bill Morneau.

L’IEDM déplore qu’il n’y ait aucune date de retour à l'équilibre budgétaire. De plus, alors qu’Ottawa souhaitait initialement que le ratio de la dette sur le PIB soit réduit à 27 % en 2019-2020, les libéraux prévoient maintenant un ratio de 29,9 % durant cet exercice.

«Non seulement aucune cible n'a été atteinte jusqu'ici, mais même si les déficits s'avéraient moindres que ce qui avait été annoncé dans l'énoncé économique de l'automne, on va demeurer loin de tous les objectifs», a ajouté M. Bédard. Le gouvernement prévoit d'ailleurs que les frais de la dette publique seront en hausse constante au cours des prochaines années.»

Par ailleurs, le grand argentier du pays doit notamment faire face à un contexte actuel plus délicat en raison des risques qui planent sur l’économie canadienne, comme l’incertitude relative aux négociations entourant l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) ou la nouvelle réforme fiscale américaine.

«Ce serait irresponsable d'annoncer de nouvelles dépenses, a fait savoir Michel Kelly-Gagnon, président et directeur général de l'IEDM. Il doit plutôt s'attaquer au déficit et faire du respect de ses engagements une priorité, en plus de prendre sans délai des mesures pour assurer la compétitivité de notre régime fiscal.»

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