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Santé

Les cas de cancers chez les pompiers de Montréal inquiètent

Laurence Houde-Roy | Agence QMI

Les cas de cancers chez les pompiers de Montréal exposés aux contaminants des flammes inquiètent les élus de la métropole qui rencontreront le Service incendie prochainement pour trouver de nouvelles pistes de prévention.

Depuis 2002, 87 réclamations auprès de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) pour des cancers chez les pompiers de Montréal ont été acceptées en lien avec leur travail sous les flammes, selon un document de la Ville qui sera présenté aux élus dans les prochaines semaines.

Les cancers des poumons et de la vessie arrivent chacun ex-equo en tête des cancers les plus répertoriés chez les pompiers de Montréal, suivis du cancer des reins.

Les élus de la Commission de la sécurité publique de Montréal se pencheront d’ailleurs sur ces cas de cancers dans le cadre d’une rencontre le 13 mars prochain. Le Service d’incendie sera interrogé sur la situation afin d’améliorer les pratiques pour mieux protéger les travailleurs.

Lien entre pompier et cancer

Le lien entre le développement du cancer et le métier de pompier a été confirmé en 2010 par l’Institut atlantique de recherche sur le cancer (IARC). Dans une recherche, on y indique que le risque est principalement dû aux contaminants que l’on retrouve dans certains matériaux dans les immeubles en flammes, comme les matériaux informatiques, les plastiques et les bois traités.

«Les gaz et la fumée sont devenus un cocktail mortel de particules et de nanoparticules, pouvant contenir pas moins de 200 contaminants, qui peuvent causer des intoxications, des asphyxies ou suffocations, des maladies respiratoires et certains cancers», stipule le document de la Ville.

Alors que le Québec affichait un retard sur la reconnaissance de certains types de cancers liés au métier de pompier par rapport aux autres provinces du Canada, ce n’est qu’en 2016 que la CNESST a identifié sept types de cancer pouvant être liés à la profession. L’authentification dépend toutefois du nombre d’années d’exposition et peut exclure certains cas, comme ceux des fumeurs.

Le Service incendie de Montréal avait la même année augmenté sa prévention auprès des pompiers en rendant formellement obligatoire pour les pompiers le port de la tenue intégrale de combat sur les lieux d’incendie ainsi que des douches et nettoyage plus fréquent des équipements pendant et après les interventions.