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Pénurie de main-d’oeuvre

Québec exige qu’Ottawa revoie ses règles pour les travailleurs étrangers temporaires

Alain Laforest | TVA Nouvelles

Le ministre de l'Immigration, David Heurtel, somme le fédéral d’adapter rapidement ses règles pour l'admission des travailleurs temporaires étrangers.

Le ministre est catégorique: des entreprises québécoises perdent des contrats faute de main-d'œuvre aujourd’hui.

«Ottawa a un programme d'immigration temporaire qui n’est pas du tout adapté aux réalités que vivent nos entreprises ici au Québec, s’insurge le ministre Heurtel. On se base sur des taux de chômage de 2016 pour évaluer les demandes des entreprises, on réclame des études d’impacts et on ne permet pas de combler plus de 10 % des emplois disponibles avec l’immigration temporaire.»

Plusieurs entreprises réclament des assouplissements

Une entreprise de Québec, Optel qui fait dans la traçabilité des produits partout dans le monde, a besoin de main d'œuvre, surtout des programmeurs.

«Quand on n’est pas capables de recruter ici, on fait tout simplement une embauche dans nos autres sites à l'étranger», souligne François Boivin, vice-président exécutif de la compagnie.

Optel a des usines en Irlande, au Brésil et en Inde. D'ici trois ans, elle veut doubler son chiffre d'affaires. «À Québec, explique François Boivin, ça va dépendre de la disponibilité de main-d'œuvre, parce que déjà, à l'heure actuelle, c'est une problématique de trouver les employés dont on a besoin. On a plus d’une quarantaine de postes à combler en ce moment.»

Les règles strictes d’Ottawa en matière d’immigration temporaire ont forcé en 2014 l’entreprise à effectuer de la production qui aurait pu se faire au Québec. «On se rendait compte qu'ici à Québec, on n’était pas en mesure d'embaucher. On a du faire des embauches ici à Québec et en Irlande en même temps, pour combler nos besoins», ajoute M. Boivin.

Optel n'est pas la seule entreprise au Québec à avoir des enjeux de main-d'œuvre. Les banderoles «nous embauchons» apparaissent partout dans la province. Rotobec en Beauce et Supermetal en Estrie vivent la même situation que chez Optel.

«D'ici 2024, on va avoir 1,4 million d'emplois à combler au Québec, dans tous les secteurs, dans tous les domaines tous types de formations», affirme le ministre de l’Immigration.

Fini le mur à mur

Dans des lettres obtenues par TVA Nouvelles, David Heurtel écrit aux ministres fédéraux de l’Immigration et de l’Emploi.

«La réforme de 2014 ne prend pas en considération les besoins du Québec», peut-on y lire.

«On ne peut pas avoir un programme d'immigration économique au Canada qui est "coast to coast", on ne peut avoir du mur à mur», déclare le ministre Heurtel qui réclame une action rapide.

«On a besoin de permettre à nos entreprises de poursuivre leur développement et présentement on freine leur développement», ajoute-t-il.

En moyenne, il faut huit mois avant d’obtenir les autorisations pour embaucher un travailleur temporaire étranger. Compte tenu de la démographie au Québec, le ministre Heurtel estime que 20 % de postes à combler d'ici 2024 le seront par des immigrants

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