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Réforme Barrette: des travailleurs de la santé témoignent d'un «triste anniversaire»

Sophie Côté | Le Journal de Québec

archives, Agence QMI

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Tout le mois de mars, à l’aube du «triste» troisième anniversaire de la réforme Barrette, le Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches (CSN) présentera une série de témoignages vidéo sur les réseaux sociaux «levant un peu plus le voile sur la dégradation du climat et des conditions de travail» dans le réseau de la santé.

«La réforme, c’est un échec total pour les employés. Ce qui est fait, c’est que tout est centralisé, c’est très déshumanisé. [...] Le manque de personnel est criant à Québec. Par contre, les gens ne veulent pas rester: c’est trop lourd, c’est très difficile, très désorganisé», témoigne Stéphane Dussault, travailleur depuis 31 ans à l’Institut universitaire en santé mentale de Québec, dans la première d’une série de capsules vidéo qui sera mise en ligne dès 10 h lundi sur la page Facebook de l’organisation syndicale.

Préposés aux services alimentaires, techniciens administratifs, secrétaires médicales, préposés aux bénéficiaires font partie des différents travailleurs du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale (CIUSSSCN) et du Centre intégré de santé et de services sociaux de Chaudière-Appalaches (CISSSCA) qui ont profité de la tribune offerte pour témoigner des effets de la réforme, qui aura trois ans le 1er avril, «un triste anniversaire», souligne le Conseil central.

Des travailleurs craintifs

Sa présidente, Ann Gingras, rapporte qu’il n’a pas été facile de convaincre des employés de se prêter au jeu, en raison de l’«omerta» qui règne dans le réseau.

«Les gens sont écœurés, mais en même temps, ils sont craintifs, ils ne veulent pas de représailles et ils ne veulent pas se mettre plus dans la chnoutte qu’ils le sont déjà», a exposé Mme Gingras au «Journal de Québec» lundi matin.

«Depuis la réforme, c’est plus senti, les gens sont plus menacés, ils se font rappeler par les gestionnaires leur devoir de loyauté», a-t-elle soulevé, qualifiant les travailleurs qui ont accepté de témoigner à visage découvert de personnes «extrêmement courageuses».

Un cri du cœur

«Ce sont des gens qui n’en peuvent plus du fonctionnement actuel du système de santé. C’est une espèce de cri du cœur des employés du réseau», a mentionné Mme Gingras, soulignant que ceux-ci profitent également de la tribune pour proposer des solutions.

«Mais si on dit que les cadres sont peu entendus, ou pas entendus depuis que la réforme Barrette est implantée, imaginez les salariés du réseau», déplore-t-elle.

Les employés en vedette dans les capsules vidéo œuvrent dans différents types d’établissements du réseau de la santé et des services sociaux, en passant par les hôpitaux, les CHSLD, les centres jeunesse et les groupes de médecine familiale, notamment.

Ils proviennent également d’un peu partout sur le territoire, de Charlevoix à Québec jusque dans la région de Chaudière-Appalaches.