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«Au secours de Béatrice»

Les priorités de Marie Turgeon, une maman inspirante

Nathalie Slight | Agence QMI

courtoisie

L’infirmière qu’elle campe depuis trois ans dans «Au secours de Béatrice», généreuse, empathique et toujours fiable, n’est pas si loin de la femme que Marie Turgeon est dans la vie.

Elle est aussi gentille et lumineuse que son personnage, tout en étant plus volubile, énergique et spontanée. Conversation captivante avec une comédienne et une maman qui plonge dans la vie à vive allure.

Marie, on peut vous voir présentement dans la dernière saison d’«Au secours de Béatrice». Oui, et lorsque j’ai tourné ma dernière scène à l’automne, j’ai eu un petit pincement au coeur. Quand j’ai rédigé une carte pour Sophie Lorain, productrice d’«Au secours de Béatrice», pour la remercier de ces trois belles années, je me suis remémoré son appel téléphonique il y a trois ans, alors qu’elle m’offrait le rôle de Lucie. Elle m’avait dit: «Ce n’est pas le personnage central, mais cette infirmière est toujours présente à l’urgence, c’est la plus grande continuité sur le plateau d’«Au secours de Béatrice».» Je suis heureuse d’avoir campé cette lumineuse Lucie.

Comment entrevoyez-vous l’après?

Je me considère comme choyée: j’ai toujours travaillé. Je ne vous cacherai pas que tout bon pigiste a toujours un petit fond d’angoisse à la fin d’un contrat, surtout quand on est, comme moi, mère de famille monoparentale, mais je crois en ma bonne étoile. J’ai un petit rôle dans «District 31», celui de la femme de Laurent Cloutier (Patrick Labbé). J’adore l’écriture et l’équipe. Chaque fois, je me sens privilégiée d’être là. Aussi, j’ai eu la chance de donner la réplique à des adolescents à peine plus vieux que ma fille dans «La dérape», et je les ai trouvés grandement inspirants.

Vous envisagez l’avenir avec sérénité...

Le fait d’avoir passé le cap de la cinquantaine ne m’inquiète pas trop. Je me dis que je me bonifie en tant que comédienne et en tant que femme. Il fut une époque où les rôles pour les actrices d’expérience se faisaient plus rares, mais je pense qu’on est rendus ailleurs! Les beaux personnages que campaient Monique Spaziani et Linda Sorgini dans «Au secours de Béatrice» en sont la preuve.

Outre votre métier, quelles sont vos passions?

Entre le travail, la préparation des repas et autres tâches quotidiennes, l’entretien de la maison et les moments passés avec ma fille, Béatrice, il ne me reste plus beaucoup de temps pour moi. Mais une fois par semaine, je me rends au Spa Eastman. Non seulement je profite des installations, mais je fais aussi des marches dans la forêt, je suis des cours de Pilates, de yoga, je m’entraîne et surtout, j’apprends mes textes. J’ai l’air un peu bizarre lorsque je parle toute seule, mais le personnel du spa est habitué. (rires) Je fréquente l’endroit depuis que j’ai 25 ans. À l’époque, les spas étaient très granos. On n’y servait que des décoctions d’algues pour purifier l’organisme. Je préfère de loin boire un bon café!

Côté alimentation, on vous imagine très santé.

Mon alimentation a peu changé, ces 25 dernières années. Je ne suis ni végétarienne ni sans gluten. Je cuisine beaucoup! Le dimanche, je peux préparer trois ou quatre recettes: un plat de poisson, un plat de viande, deux plats de pâtes, etc. Je cuisine pour ma fille. Je fais encore ses lunchs; un petit geste de maman poule plein d’amour.

Votre fille a-t-elle hérité de votre fibre artistique?

Jusqu’à l’an dernier, Béatrice faisait de la compétition de natation et de la danse, mais elle a pris la décision de mettre toute son énergie dans la troupe de danse Louise Lapierre, parallèlement à sa dernière année d’études secondaires. Son côté artistique se déploie de cette façon, mais toutes les options restent ouvertes quant à son avenir. Il est trop tôt pour dire quel métier elle choisira.

Comment se déroule son adolescence?

La première image qui me vient en tête, lorsque je pense à l’adolescence, c’est une chaloupe. En tant que parent, il faut suivre le flot, tanguer d’un côté, de l’autre, ramener la barque lorsqu’il y a une petite bourrasque et suivre le courant. Pour entretenir une relation saine parent-adolescent, tout est une question de confiance et de communication. Pour moi, rien n’est plus important dans ma vie, humainement parlant, que le lien que j’entretiens avec ma fille. Ce n’est pas obsessif, mais la communication entre Béatrice et moi figure au sommet de mes priorités.

Est-ce difficile de laisser tranquillement sa fille voler de ses propres ailes?

C’est aussi difficile que de voir son enfant faire ses premiers pas. Lorsqu’il apprend à marcher, on craint qu’il tombe, qu’il se cogne la tête sur le coin d’une table, mais on ne lui interdit pas d’avancer! C’est la même chose à l’adolescence: on est là pour guider et ramasser les pots cassés, s’il y a lieu, mais il faut les laisser avancer. J’avoue que ça demande un certain lâcher-prise, mais j’ai confiance en ma fille. Elle est bien outillée pour s’ouvrir sur le monde, tracer son propre chemin et affronter les aléas de la vie.

Vous êtes célibataire. Est-ce par choix?

Ma vie me comble telle qu’elle est. Je m’accomplis en tant que femme, en tant que mère, en tant qu’actrice sans avoir quelqu’un à mes côtés. Je ne suis pas fermée à l’amour, mais je n’attends pas après ça pour être heureuse. Je n’ai pas trouvé jusqu’à présent quelqu’un qui était prêt à passer en deuxième. Parce que c’est sûr que ma fille passera toujours en premier. Elle a 16 ans, et je trouve important, plus que jamais, d’être présente pour elle, dans ces années charnières qui la mèneront à l’âge adulte. Je suis à ses côtés et je suis tranquillement le courant.

Suivez Marie Turgeon dans la dernière saison d’«Au secours de Béatrice», le mercredi à 20 h, à TVA. Elle joue également dans «La dérape» sur Club illico.

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